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	Commentaires sur : Homélie du 29e dimanche du temps ordinaire.	</title>
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	<description>Des éléments pour préparer l&#039;homélie de dimanche&#60;br /&#62;ou pour méditer sur les lectures bibliques. Des vidéos, des réflexions sur les sacrements et sur la foi...</description>
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		<title>
		Par : MAINI MARIE JEANNE		</title>
		<link>https://dimancheprochain.org/5487-homelie-du-29e-dimanche-du-temps-ordinaire/comment-page-1/#comment-18325</link>

		<dc:creator><![CDATA[MAINI MARIE JEANNE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2015 20:34:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Ils ne manquent pas d&#039;air, les fils de Zébédée ! Maître, nous voudrions que tu .exauces notre demande... Depuis le temps que le Seigneur leur explique que le Fils de l&#039;Homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude, que celui qui veut être le premier, doit se faire serviteur des autres. Qu&#039;être serviteur va jusqu&#039;au don total de soi et eux ne pense qu&#039;à une seule chose, avoir les meilleures places. L&#039;Evangile nous fait rejoindre Jésus dans la solitude de sa montée à Jérusalem, chemin d&#039;humilité, de soumission au Père. Alors que ses disciples ambitionnent les meilleures place dans le Royaume. Ils se voient déjà des chefs qui commandent en maîtres et qui font sentir leur pouvoir. Tentation qui nous guettent tous, d&#039;être les meilleurs, les plus doués, les plus savants,...Pour suivre Jésus, il faut se convertir, changer notre façon de vivre, être humble; et si nous avons quelque don, il ne faut pas nous enorgueillir, mais le mettre au servir de tous.
&quot;Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu pour qu&#039;Il vous élève en temps voulu&quot;; nous dit Pierre dans sa première lettre. 
Jésus a fait siennes les prophéties du Serviteur souffrant dans le passage du livre d&#039;Isaïe. &quot; Broyé par la souffrance, le Serviteur a plu au Seigneur.&quot;
En ce dimanche de la journée mondiale missionnaire, nous sommes invités à nous rappeler que cette mission n&#039;est autre qu&#039;un service et que tout baptisé, à la suite de Jésus ne cherche pas à être servi mais à servir ses frères.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils ne manquent pas d&rsquo;air, les fils de Zébédée ! Maître, nous voudrions que tu .exauces notre demande&#8230; Depuis le temps que le Seigneur leur explique que le Fils de l&rsquo;Homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude, que celui qui veut être le premier, doit se faire serviteur des autres. Qu&rsquo;être serviteur va jusqu&rsquo;au don total de soi et eux ne pense qu&rsquo;à une seule chose, avoir les meilleures places. L&rsquo;Evangile nous fait rejoindre Jésus dans la solitude de sa montée à Jérusalem, chemin d&rsquo;humilité, de soumission au Père. Alors que ses disciples ambitionnent les meilleures place dans le Royaume. Ils se voient déjà des chefs qui commandent en maîtres et qui font sentir leur pouvoir. Tentation qui nous guettent tous, d&rsquo;être les meilleurs, les plus doués, les plus savants,&#8230;Pour suivre Jésus, il faut se convertir, changer notre façon de vivre, être humble; et si nous avons quelque don, il ne faut pas nous enorgueillir, mais le mettre au servir de tous.<br />
« Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu pour qu&rsquo;Il vous élève en temps voulu »; nous dit Pierre dans sa première lettre.<br />
Jésus a fait siennes les prophéties du Serviteur souffrant dans le passage du livre d&rsquo;Isaïe.  » Broyé par la souffrance, le Serviteur a plu au Seigneur. »<br />
En ce dimanche de la journée mondiale missionnaire, nous sommes invités à nous rappeler que cette mission n&rsquo;est autre qu&rsquo;un service et que tout baptisé, à la suite de Jésus ne cherche pas à être servi mais à servir ses frères.</p>
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			</item>
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		<title>
		Par : Abbé Jean Compazieu		</title>
		<link>https://dimancheprochain.org/5487-homelie-du-29e-dimanche-du-temps-ordinaire/comment-page-1/#comment-18273</link>

		<dc:creator><![CDATA[Abbé Jean Compazieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2015 08:37:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[&lt;b&gt;« LA SOIF DE DOMINER EST CELLE 
QUI S’ETEINT LA DERNIERE DANS LE CŒUR DE L’HOMME » (MACHIAVEL) 

Sur le chemin de Jérusalem, Jésus a beau répéter l’avertissement qu’il donnait dès le départ à ses disciples, ceux-ci ne l’entendent pas. Comme Pierre, ils ne veulent pas d’un Messie qui doit être rejeté, souffrir beaucoup, mourir et qui prévient les siens qu’eux aussi doivent renoncer à leurs conceptions et porter leur croix (8, 31-33). En effet la grande fête de Pâque approche, de partout les groupes de pèlerins se pressent joyeusement en direction de la ville tant aimée où, en rendant grâce à Dieu d’avoir libéré leurs ancêtres de l’esclavage en Egypte, ils l’imploreront pour que vienne le Messie qui les délivrera du joug des Romains. Les apôtres ne doutent plus que Jésus est ce Messie qui les mène au triomphe pascal et déjà ils préparent l’organisation du futur Royaume : lequel d’entre eux va diriger ?

LA RIVALITE POUR LE POUVOIR

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » 
Au début de l’aventure, Jésus avait appelé quelques jeunes pêcheurs du lac de Galilée à le suivre : le premier, Simon et son frère André, puis les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean (1, 16-20). Plus tard, en instituant le groupe des Douze, Jésus avait changé le nom de Simon en celui de Pierre – signe de sa vocation spéciale et de sa primauté (3, 16).
Il faut croire que cette décision n’avait pas été acceptée de bon gré dans le groupe : sur la route, Jésus avait entendu les siens « se quereller pour savoir qui était le plus grand »  et il les avait tancés vertement : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier, le serviteur de tous » (9, 33-35).
Leçon pas encore acceptée puisque maintenant voilà les Zébédée qui remettent le couvert. Et je devine pourquoi : Pierre n’était qu’un pauvre pêcheur tandis que leur père à eux tenait une entreprise de pêche avec « des ouvriers » (1, 20). Jean et Jacques devaient se sentir d’un statut social plus élevé donc c’était à eux d’accéder aux places d’honneur et de pouvoir dans le Royaume. 

Jésus les avertit : pour être près de moi, il faudra partager ma destinée. 
« Boire à ma coupe » c.à.d. accepter d’aller jusqu’au fond de la déréliction, de goûter l’amertume de la lie. Et ce ne sera pas du tout facile puisque Jésus lui-même, au creux de l’affreuse nuit d’agonie dans le jardin, demandera à son Père d’écarter cette coupe avant d’y consentir (14, 36).
Et « être baptisé du baptême » qui attend Jésus au Golgotha où le Messie, au lieu d’être porté en triomphe sera plongé dans les hurlements de haine, dans les traitements les plus ignominieux, dans l’horreur des supplices et l’abîme de la mort. Il est joyeux de recevoir le baptême d’eau : savons-nous qu’il n’est conféré qu’en vue du second ?
Mais, continue Jésus, ce n’est pas à moi à fixer les places d’honneur : dans quelques semaines, les apôtres verront que, puisqu’ils ont fui en abandonnant leur Maître, ces places à gauche et à droite de Jésus proclamé Roi sur la croix seront occupées par deux « larrons » (sans doute deux résistants juifs)

ORGANISATION D’ETAT ET ORGANISATION D’EGLISE

Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. 
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Il n’y a pas que les Zébédée qui étaient ambitieux : tous rêvaient de gloire, tous ambitionnaient les places d’honneur, tous étaient agacés par la manœuvre des deux frères.
Mentalités et comportements mondains ! dénonce Jésus. Il en va ainsi en politique et dans les organisations de toute société : compétences, talents, caractère conduisent certains, et c’est normal, aux postes de direction mais on sait que l’ambition, la vanité, le goût des colifichets (médailles et titres), la cupidité (gagner plus d’argent) sont des mobiles d’une force extraordinaire. Quelle jouissance de se croire grand parce qu’on a accédé à un poste « supérieur », que l’on dirige plus de subalternes, que l’on trône aux premiers rangs !
Chez mes disciples, ordonne Jésus, ce sera le contraire. Sans devenir une pagaïe anarchique (où les plus rusés prennent le pouvoir), l’Eglise sera une organisation où l’essentiel est d’aimer donc de servir les autres. Jésus n’écarte pas l’ambition de ses amis : il la rectifie. Le désir allumé par la foi est d’aimer toujours davantage, donc de combattre la passion de domination et se mettre au service de tous. Il est bien de vouloir « arriver » - mais à la sainteté.

LE SERVITEUR SOUFFRANT EST LE FILS DE L’HOMME GLORIEUX

Et enfin Jésus donne la raison de cette option en définissant sa propre mission : 
« ………….car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Jésus ne se veut pas un « Fils de l’homme » éclatant de gloire et acculant à la prosternation ; simple humain parmi les autres, il accomplit sa vocation divine de façon terrestre : aimer en se mettant au service de tous, en aidant chacun à réaliser sa propre vocation. 
Les hommes ne croient qu’au salut par la force : ils rejetteront un messie qui se veut doux et humble de cœur et qui, du coup, veut entraîner les hommes sur cette voie. Mais Jésus injurié deviendra bénédiction ; traité comme un objet il sera le sujet de son destin. Il se vouera à la mort qu’on lui inflige, il en fera un don total de sa personne si bien qu’il réalisera la pathétique figure du mystérieux Serviteur souffrant entrevu jadis par le prophète : « Il était méprisé, homme de douleurs…En fait ce sont nos souffrances qu’il porte…La sanction, gage de paix pour nous, était sur lui ; dans ses plaies se trouvait notre guérison…il s’est dépouillé jusqu’à la mort, il a porté les fautes des foules » (Isaïe 53).
L’homme Jésus, renonçant à faire des miracles, se prépare à être ce « serviteur de Dieu » humilié, écrasé, tué ; il ne sera pas victime d’un complot mais « l’Agneau » que l’on égorge et qui s’offre  afin que ses frères les hommes soient libérés de l’esclavage du péché et vivent debout dans une communauté pardonnée. L’amour extrême auquel la croix le poussera en fera le « Fils de l’Homme » glorieux qui se présente comme la Paix du monde…mais à partir de la croix.

Grande responsabilité des responsables d’Eglise : faut-il vraiment que ceux qui ont reçu les charges de service portent les titres d’« Excellence », « Eminence », « Monseigneur » et se parent d’atours majestueux ? Notre paroisse est-elle communauté où chacun est au service de tous ? Acceptons-nous qu’elle ait mission de servir la part d’humanité où elle est envoyée ? 
Sommes-nous contents ou attristés lorsque le monde nous arrache nos falbalas ?&lt;/b&gt;

Raphaël,   dominicain


PAPE FRANCOIS À DES EVEQUES : « …..On perçoit l’impérieuse nécessité d’une conversion missionnaire… Au cœur de cette conversion, réside le service à l’humanité…L’Eglise, en tant que communauté évangélisatrice, est appelée à grandir dans la proximité, à raccourcir les distances, à s’abaisser jusqu’à l’humiliation si cela est nécessaire...Le concile Vatican II souligne que les évêques doivent se comporter comme ceux qui servent…L’Eglise a besoin de pasteurs, d’évêques qui sachent se mettre à genoux devant les autres pour leur laver les pieds. Des pasteurs proches des gens, des pères et des frères doux, patients et miséricordieux, qui aiment la pauvreté …Efforcez-vous de donner une réelle impulsion missionnaire à vos communautés… »                      (Rome – 21 septembre 2014)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><b>« LA SOIF DE DOMINER EST CELLE<br />
QUI S’ETEINT LA DERNIERE DANS LE CŒUR DE L’HOMME » (MACHIAVEL) </p>
<p>Sur le chemin de Jérusalem, Jésus a beau répéter l’avertissement qu’il donnait dès le départ à ses disciples, ceux-ci ne l’entendent pas. Comme Pierre, ils ne veulent pas d’un Messie qui doit être rejeté, souffrir beaucoup, mourir et qui prévient les siens qu’eux aussi doivent renoncer à leurs conceptions et porter leur croix (8, 31-33). En effet la grande fête de Pâque approche, de partout les groupes de pèlerins se pressent joyeusement en direction de la ville tant aimée où, en rendant grâce à Dieu d’avoir libéré leurs ancêtres de l’esclavage en Egypte, ils l’imploreront pour que vienne le Messie qui les délivrera du joug des Romains. Les apôtres ne doutent plus que Jésus est ce Messie qui les mène au triomphe pascal et déjà ils préparent l’organisation du futur Royaume : lequel d’entre eux va diriger ?</p>
<p>LA RIVALITE POUR LE POUVOIR</p>
<p>Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. » Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »<br />
Au début de l’aventure, Jésus avait appelé quelques jeunes pêcheurs du lac de Galilée à le suivre : le premier, Simon et son frère André, puis les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean (1, 16-20). Plus tard, en instituant le groupe des Douze, Jésus avait changé le nom de Simon en celui de Pierre – signe de sa vocation spéciale et de sa primauté (3, 16).<br />
Il faut croire que cette décision n’avait pas été acceptée de bon gré dans le groupe : sur la route, Jésus avait entendu les siens « se quereller pour savoir qui était le plus grand »  et il les avait tancés vertement : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier, le serviteur de tous » (9, 33-35).<br />
Leçon pas encore acceptée puisque maintenant voilà les Zébédée qui remettent le couvert. Et je devine pourquoi : Pierre n’était qu’un pauvre pêcheur tandis que leur père à eux tenait une entreprise de pêche avec « des ouvriers » (1, 20). Jean et Jacques devaient se sentir d’un statut social plus élevé donc c’était à eux d’accéder aux places d’honneur et de pouvoir dans le Royaume. </p>
<p>Jésus les avertit : pour être près de moi, il faudra partager ma destinée.<br />
« Boire à ma coupe » c.à.d. accepter d’aller jusqu’au fond de la déréliction, de goûter l’amertume de la lie. Et ce ne sera pas du tout facile puisque Jésus lui-même, au creux de l’affreuse nuit d’agonie dans le jardin, demandera à son Père d’écarter cette coupe avant d’y consentir (14, 36).<br />
Et « être baptisé du baptême » qui attend Jésus au Golgotha où le Messie, au lieu d’être porté en triomphe sera plongé dans les hurlements de haine, dans les traitements les plus ignominieux, dans l’horreur des supplices et l’abîme de la mort. Il est joyeux de recevoir le baptême d’eau : savons-nous qu’il n’est conféré qu’en vue du second ?<br />
Mais, continue Jésus, ce n’est pas à moi à fixer les places d’honneur : dans quelques semaines, les apôtres verront que, puisqu’ils ont fui en abandonnant leur Maître, ces places à gauche et à droite de Jésus proclamé Roi sur la croix seront occupées par deux « larrons » (sans doute deux résistants juifs)</p>
<p>ORGANISATION D’ETAT ET ORGANISATION D’EGLISE</p>
<p>Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.<br />
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.<br />
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »</p>
<p>Il n’y a pas que les Zébédée qui étaient ambitieux : tous rêvaient de gloire, tous ambitionnaient les places d’honneur, tous étaient agacés par la manœuvre des deux frères.<br />
Mentalités et comportements mondains ! dénonce Jésus. Il en va ainsi en politique et dans les organisations de toute société : compétences, talents, caractère conduisent certains, et c’est normal, aux postes de direction mais on sait que l’ambition, la vanité, le goût des colifichets (médailles et titres), la cupidité (gagner plus d’argent) sont des mobiles d’une force extraordinaire. Quelle jouissance de se croire grand parce qu’on a accédé à un poste « supérieur », que l’on dirige plus de subalternes, que l’on trône aux premiers rangs !<br />
Chez mes disciples, ordonne Jésus, ce sera le contraire. Sans devenir une pagaïe anarchique (où les plus rusés prennent le pouvoir), l’Eglise sera une organisation où l’essentiel est d’aimer donc de servir les autres. Jésus n’écarte pas l’ambition de ses amis : il la rectifie. Le désir allumé par la foi est d’aimer toujours davantage, donc de combattre la passion de domination et se mettre au service de tous. Il est bien de vouloir « arriver » &#8211; mais à la sainteté.</p>
<p>LE SERVITEUR SOUFFRANT EST LE FILS DE L’HOMME GLORIEUX</p>
<p>Et enfin Jésus donne la raison de cette option en définissant sa propre mission :<br />
« ………….car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »<br />
Jésus ne se veut pas un « Fils de l’homme » éclatant de gloire et acculant à la prosternation ; simple humain parmi les autres, il accomplit sa vocation divine de façon terrestre : aimer en se mettant au service de tous, en aidant chacun à réaliser sa propre vocation.<br />
Les hommes ne croient qu’au salut par la force : ils rejetteront un messie qui se veut doux et humble de cœur et qui, du coup, veut entraîner les hommes sur cette voie. Mais Jésus injurié deviendra bénédiction ; traité comme un objet il sera le sujet de son destin. Il se vouera à la mort qu’on lui inflige, il en fera un don total de sa personne si bien qu’il réalisera la pathétique figure du mystérieux Serviteur souffrant entrevu jadis par le prophète : « Il était méprisé, homme de douleurs…En fait ce sont nos souffrances qu’il porte…La sanction, gage de paix pour nous, était sur lui ; dans ses plaies se trouvait notre guérison…il s’est dépouillé jusqu’à la mort, il a porté les fautes des foules » (Isaïe 53).<br />
L’homme Jésus, renonçant à faire des miracles, se prépare à être ce « serviteur de Dieu » humilié, écrasé, tué ; il ne sera pas victime d’un complot mais « l’Agneau » que l’on égorge et qui s’offre  afin que ses frères les hommes soient libérés de l’esclavage du péché et vivent debout dans une communauté pardonnée. L’amour extrême auquel la croix le poussera en fera le « Fils de l’Homme » glorieux qui se présente comme la Paix du monde…mais à partir de la croix.</p>
<p>Grande responsabilité des responsables d’Eglise : faut-il vraiment que ceux qui ont reçu les charges de service portent les titres d’« Excellence », « Eminence », « Monseigneur » et se parent d’atours majestueux ? Notre paroisse est-elle communauté où chacun est au service de tous ? Acceptons-nous qu’elle ait mission de servir la part d’humanité où elle est envoyée ?<br />
Sommes-nous contents ou attristés lorsque le monde nous arrache nos falbalas ?</b></p>
<p>Raphaël,   dominicain</p>
<p>PAPE FRANCOIS À DES EVEQUES : « …..On perçoit l’impérieuse nécessité d’une conversion missionnaire… Au cœur de cette conversion, réside le service à l’humanité…L’Eglise, en tant que communauté évangélisatrice, est appelée à grandir dans la proximité, à raccourcir les distances, à s’abaisser jusqu’à l’humiliation si cela est nécessaire&#8230;Le concile Vatican II souligne que les évêques doivent se comporter comme ceux qui servent…L’Eglise a besoin de pasteurs, d’évêques qui sachent se mettre à genoux devant les autres pour leur laver les pieds. Des pasteurs proches des gens, des pères et des frères doux, patients et miséricordieux, qui aiment la pauvreté …Efforcez-vous de donner une réelle impulsion missionnaire à vos communautés… »                      (Rome – 21 septembre 2014)</p>
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