Tous invités
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un appel à l’espérance. Ils nous rejoignent dans a situation qui est la nôtre. Dans la 1ère lecture, le prophète Isaïe s’adresse à un peuple qui vit une situation difficile. Son message cherche à le raffermir dans sa foi. Il annonce l’intervention de Dieu qui opèrera un renversement radical non seulement du sort d’Israël mais aussi de tous les peuples. C’est un monde nouveau qui est en train de naître, un monde où rien n’est perdu de ce qui est beau et bon, un monde le mal est exclu.
Cette proposition de salut est comparée à un festin offert à tous les peuples. Ce sera une vie entièrement nouvelle, en totale communion avec Dieu. Ce repas célèbrera la disparition définitive de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. En communion les uns avec les autres, nous célèbrerons la grandeur de Dieu. À nous de diffuser cette bonne nouvelle si nous voulons hâter ce jour du grand festin entrevu par Isaïe.
C’est aussi cette bonne nouvelle que saint Paul a annoncée au monde païen de ton temps. Sa vie était loin d’être une succession de festins. Sa plus grande préoccupation était que l’invitation du Christ soit proclamée dans le monde entier. Il a vécu des moments difficiles ; il a connu des privations ; il a souffert les persécutions. Mais il trouve sa force en Dieu. Lui seul peut nous combler pleinement. Sa grâce nous suffit.
L’évangile nous présente un roi qui célébrait noces de son fils. Ce roi, c’est Dieu. Il invite l’humanité entière à la noce de son Fils Jésus. Envoyé par le Père, Jésus a épousé notre humanité par son incarnation. Et le Père veut absolument que tous en bénéficient et s’en réjouissent. C’est donc toute l’humanité que Dieu veut rassembler auprès de lui. Les paroles de Jésus sont très claires : « Allez donc à la croisée des chemins ; tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noces. »
La mission de l’Église, notre mission à tous, c’est d’être les messagers de cette invitation. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de cette bonne nouvelle et de l’espérance qui nous anime. C’est en vue de cette mission que Jésus nous envoie son Esprit Saint. Nous ne pouvons pas être disciples du Christ sans être missionnaires. C’est toute notre vie qui doit contribuer à l’annonce de Jésus.
Voilà donc cette invitation à la fête. Mais l’évangile nous montre l’obstination de ceux qui se sont éloignés de la bonne nouvelle. Nous sommes surpris et même choqués devant l’attitude désinvolte des invités de cette parabole. On leur propose quelque chose d’extraordinaire qui va transformer leur vie ; or voilà qu’ils n’ont pas le temps, ils sont débordés de travail, accablés de soucis. Pire, ils se retournent contre les messagers porteurs de cette bonne nouvelle qui insistent et ils les maltraitent sauvagement. C’est une allusion à tous les martyrs d’autrefois et à ceux d’aujourd’hui.
Nous aussi, nous trouvons facilement des excuses pour ne pas répondre à l’invitation du Seigneur. Je n’ai pas le temps de prier ni d’aller à la messe d’aller à la messe parce que j’ai trop de travail ou encore parce que j’ai des invités. On oublie alors que l’Eucharistie est vraiment le rendez-vous le plus important de la semaine. Le Christ est là présent ; il rejoint les communautés chrétiennes réunies en son nom. Il vient nous redire l’amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Malheureusement, beaucoup préfèrent être tranquillement installés chez eux et éviter tout ce qui dérange leur tranquillité.
Bien sûr, Jésus ne force personne à venir à ses noces. Mais il poursuit inlassablement son invitation. Il ne peut pas se résigner à nous voir malheureux loin de lui. Dieu est amour. Il ne peut pas ne pas aimer. Toute la Bible nous montre Dieu s’adressant aux hommes en termes d’amour et d’alliance. C’est comme un feu que rien ne peut arrêter.
La deuxième partie de l’évangile nous montre le rassemblement dans la salle des noces. Nous assistons à l’entrée du Roi. Et là, il y a un problème. L’un des convives n’a pas son vêtement de noces. Alors on se pose la question : Comment reprocher à un homme que l’on a ramassé sur la route de ne pas avoir son vêtement nuptial ? Si Jésus a ajouté cette exagération, c’est qu’il a un message important à nous transmettre.
Jésus vient en effet nous rappeler que nous devons nous habiller de justice, porter des fruits de droiture. Porter le vêtement de noces, c’est être converti. Cet habit nuptial nous est fourni par le sacrement de la réconciliation. C’est là que nous retrouvons notre dignité d’enfants de Dieu. N’oublions jamais que le Seigneur est toujours là pour nous revêtir de sa lumière et de sa gloire.
En ce mois du Rosaire, nous nous tournons aussi vers la Vierge Marie. Qu’elle nous accompagne sur ce chemin de conversion. Confions-lui les drames et les espérances de notre monde. Prions-la aussi pour ceux qui sont persécutés à cause de leur foi. Elle sera toujours là pour nous renvoyer au Christ. “Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur.”

« Le Royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités... » (Mt 22:2-3)
Depuis plusieurs dimanches, les paraboles de l’Évangile selon saint Matthieu soulignent la contribution de chacun à l’œuvre de Dieu. Le Seigneur est ce maître du domaine qui embauche des ouvriers pour travailler à sa vigne. Il est ce père qui sollicite la collaboration de ses deux fils. Il est encore ce propriétaire qui confie l’exploitation de son domaine à des intendants. Aujourd'hui, il s'agit d’un heureux événement dans un cadre festif : un roi célèbre les noces de son fils. Et pour l’occasion, la porte de son royaume est ouverte à tous.
Les invités d'honneur sont, sans aucun doute, les élites de son royaume. Un banquet fastueux est concocté à leur intention. On se prépare à leur dérouler le tapis rouge. Mais, contre toute attente, l’invitation est rejetée par la plupart des conviés, par indifférence ou parce qu’ils sont trop occupés. De surcroît, certains brutalisent même les mandataires du roi. Un bien triste constat. La bienveillance du roi est bafouée. « Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.’ » (Mt 22:8-9). Le scénario nous semble surréaliste ! Quel message nous est-il transmis à travers cette parabole ?
À tout moment, Dieu nous invite à entrer dans son intimité pour partager des instants de bonheur en sa compagnie. Libre à nous d'accepter ou de refuser cette délicate proposition. Hélas, bien des fois, nous faisons la sourde oreille... Les tracas de la vie occupent trop de place dans notre esprit et couvrent la voix divine. Les diverses occupations prennent souvent le pas sur le côté profond de notre être. Tout comme ces invités, submergés par leurs affaires, ‘l'un à son champ, l'autre à son commerce’, de multiples sollicitations, bien plus miroitantes à nos yeux, accaparent tout notre temps. Trop occupés ! La vie intérieure ne nous intéresse guère ou reste en second plan. C’est le moindre de nos soucis. Pourtant, de simples instants auprès de Dieu ne sont pas incompatibles avec les activités du quotidien. Au contraire, ces minutes de paix intérieure nous permettent de reprendre des forces pour mieux avancer ou pour retrouver de l'énergie après une épreuve. Le temps passé auprès de Dieu nous revigore !
La vie quotidienne est parfois étouffante. Les activités toujours plus pressantes nous suffoquent. Nous avons du mal à sortir la tête de l’eau. De l’oxygène ! Nous avons besoin d’une halte pour réviser le chemin parcouru. Une bouffée d’air frais nous redonnera force et courage. Les petites pauses salutaires ouvriront nos horizons. Hélas, beaucoup n’y pensent guère ou hésitent à les prendre. Pourtant, se recueillir, même pour un court instant, ne requiert aucune disposition particulière. Nul n’est besoin de se retirer dans un endroit isolé ou de se couper du monde. Ne ratons pas l’occasion quand l’appel intérieur se fait sentir. Un instant en retrait des activités nous reconnecte avec nous-mêmes et avec Dieu. Des fois, une minute de silence suffira. Une voix intérieure se fera entendre pour éclairer notre chemin !
Nous sommes tous conviés à la table du Seigneur, à participer au Repas eucharistique. Dieu nous invite tous à son festin. Un moment de communion avec Dieu et une occasion de renforcer le lien fraternel avec l’assemblée des chrétiens. Une seule condition préalable : se revêtir du ‘vêtement de noce’, c’est-à-dire avoir une âme sincère et disponible pour être digne à l’invitation. Saint Paul nous recommande : « Dépouillez-vous du vieil homme et revêtez-vous de l’homme nouveau, créé en Jésus-Christ. » (Éphésiens 4:24). Et le plus beau vêtement pour se présenter devant Dieu, c’est l’amour fraternel : « Comme des élus de Dieu, mes bien-aimés, revêtez le vêtement d’amour et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres. Pardonnez-vous l’un à l’autre comme le Christ vous a pardonné. À votre tour, placez par-dessus tout la charité, ce lien parfait. » (Col 3:12-15). Cette fraternité nous réunit autour de Dieu et nous rapproche les uns des autres.
« Heureux les invités au repas du Seigneur ! » proclame le prêtre avant la Communion.
Jésus Lui-même est notre nourriture céleste : « Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » (Jn 6:51). Mais bon nombre de chrétiens ignorent cette invitation, par indifférence ou parce qu’ils sont trop occupés... Et nous-mêmes, sommes-nous disponibles ? Est-ce que nous nous joignons à cette communion fraternelle avec une véritable disposition de cœur et d'esprit ?
Jésus nous invite à entrer dans son intimité et à puiser en Lui notre énergie : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » (Jn 6:51,56).
Nguyễn Thế Cường Jacques
Je retiens trois idées :
1. Dieu adresse une invitation universelle à la joie (joie de la victoire définitive sur la mort, joie du festin eucharistique, joie de la solidarité fraternelle)
2. Mais des hommes se rendent indignes de cette joie (par opposition choisie à cause des multiples occupations de la vie ou par manque d'une vie de charité fraternelle exprimée par la tenue non conforme.
3. Mais finalement, tout va dans le sens de Dieu : car l'opposition des uns et l'impréparation des autres n'ont pas empêché le festin d'avoir lieu.
Conclusion personnelle : Des opposants par indifférence ou des impréparés par négligence, où suis-je dans ma réponse à une telle invitation ?