Saints du jour

Mercredi 2 Septembre — Le mercredi de la 22e semaine du temps ordinaire

Ste Ingrid de Skänninge

Princesse suédoise († 1282)

Ste Ingrid de Skänninge

Sainte Ingrid de Skänninge
Princesse suédoise, dominicaine

Ingrid, de la famille seigneuriale des Elof de Skänninge en Suède, naît vers 1220 dans la province d’Östergötland (Götland oriental). De noble famille (elle était petite-fille du roi Knut de Suède), Ingrid reçut une éducation princière, hautement chrétienne.

Ses parents lui firent faire un riche mariage, alors qu'elle était très jeune encore ; mais toute cette splendeur ne l’éblouit pas. Elle continua de vivre dans le monde sans être du monde. Restée veuve très vite, elle édifia sur ses terres de Skänninge, avec l’aide de généreux bienfaiteurs (notamment son frère Jean Elofson, chevalier teutonique), le premier monastère dominicain de Suède. Elle entreprit, avec d’autres demoiselles, un pèlerinage à Jérusalem, Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle. Revenue dans sa patrie, un unique désir la dominait : se consacrer pour toujours à une vie de prière et de pénitence. Le démon chercha à ternir sa renommée, allant même jusqu’à attenter contre sa vie, mais cela ne servit à rien, car la pèlerine fut accueillie avec beaucoup de vénération et de bienveillance lors de son retour.

Elle put enfin accomplir son plus ardent désir : elle entra au monastère et prononça ses vœux le 15 août 1281 en présence du roi Magnus Ladulas, avec l'aide et le soutien de Pietro de Dacia, provincial de l'Ordre des frères prêcheurs, et l'autorisation de l'évêque de Linköping. Elle fut prieure jusqu’à sa mort, survenue le 2 septembre 1282, entourée d'une réputation de grande vertu chrétienne.

La renommée de sa sainteté et l’accomplissement de prodiges ont vite contribué à son culte parmi les peuples voisins. Elle fut béatifiée en 1499. Ne parvenant pas à une canonisation formelle, l’église locale procéda néanmoins, le 29 juillet 1507, à la translation solennelle des reliques, avec l’autorisation du pape, en présence du roi et d’une immense foule, ainsi que tous les évêques de Suède, et bien entendu tous les Dominicains de la région. Jusqu’à la Renaissance, son culte fut très important en Suède. On la représente en dominicaine avec la croix. Elle est fêtée le 9 octobre en Suède.

St Salomon Leclerq

Martyr († 1792)

St Salomon Leclerq

Saint Salomon (Guillaume-Nicolas-Louis) Leclerq
Frère des Écoles Chrétiennes (Frères De La Salle) et martyr

Salomon (au baptême Guillaume-Nicolas-Louis) Leclerq, naît à Boulogne-sur-Mer, le 14 novembre 1745.
Le 25 mars 1767 il entre chez les frères des écoles chrétiennes et y reçoit le nom de frère Salomon. Professeur puis maître des novices, en 1778, il devient responsable provincial et, en 1790, secrétaire du Frère Agathon, Supérieur général.

Il refusa de prêter le serment de Constitution Civile du Clergé (en 1790, cette Constitution donna à l'État le contrôle sur l'Église de France. Les prêtres et les religieux devaient prêter serment de fidélité à la Constitution sous peine d'exil, d'emprisonnement et même de mort) un refus qui entraina son arrestation le 15 août 1792. Il fut alors emprisonné au Couvent des Carmes (actuel Séminaire des Carmes), avec de nombreux évêques, prêtres et religieux.

Le 2 septembre, les prisonniers furent massacrés à l’épée dans le couvent et son jardin. Le frère Salomon est le premier Frère des Écoles chrétiennes martyr et aussi le premier à avoir été béatifié, le 17 octobre 1926, par le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) avec 188 de ses compagnons, dont une centaine de prêtres.

Salomon Leclercq a été canonisé le 16 octobre 2016, avec 6 autres Bienheureux, par le Saint-Père François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) :
- José Luis Sánchez del Río (1926-1939), jeune martyr mexicain de la guerre civile des « Cristeros » ;
- José Gabriel del Rosario Brochero (1840-1914), prêtre argentin, surnommé le « curé gaucho » ;
- Lodovico Pavoni (1784-1849), prêtre et fondateur des ‘Fils de Marie Immaculée’ ;
- Alfonso Maria Fusco (1839-1910), prêtre et fondateur des ‘Sœurs de Saint Jean-Baptiste’ ;
- Manuel Gonzalez y García (1877-1940), évêque espagnol, fondateur des ‘Missionnaires Eucharistiques de Nazareth’, surnommé « l’Apôtre des tabernacles abandonnés » ;
- Élisabeth de la Trinité (Élisabeth Catez), carmélite, morte en 1906 à l’âge de 26 ans.


Autres saints fêtés aujourd'hui

BBx Martyrs de Saint-Germain-des-Prés († 1792)

BBx Martyrs de Saint-Germain-des-Prés († 1792)

BBx Martyrs de Saint-Germain-des-Prés
Martyrs
de la révolution
(† 02 septembre 1792)

À Paris, vingt-et-un bienheureux martyrs massacrés le 2 septembre, à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés.

- Prêtres :

1.Anne-Alexandre-Charles Lenfant, de Lyon, ancien jésuite, prédicateur du roi Louis XVI ;

2.Antoine-Charles-Octavien du Bouzet, de Bivès, au diocèse de Lectoure, vicaire général de Reims et abbé commendataire de Notre-Dame des Vertus au même diocèse ;

3.Armand Chapt de Rastignac, de Cognac, au diocèse de Périgeux, vicaire général d’Arles, prévôt du chapitre de Tours, abbé commendataire de Saint-Mesmin d’Orléans, député aux États généraux ;

4.Claude Fontaine, de Paris, vicaire à Saint-Jacques de la Boucherie, à Paris ;

5.Daniel-Louis André de Pommerayes, du Havre, au diocèse de Rouen, prêtre du diocèse de Beauvais, vicaire à Saint-Paul, à Paris ;

6.Diacre: Louis-Benjamin Hurtrel, frère cadet de Louis-Charles, élève au Séminaire des Trente-Trois à Paris.

7.François-Joseph Pey, de Solliès-Pont, au diocèse de Fréjus, vicaire à Saint-Landry, à Paris ;

8.Jean-André Capeau, du diocèse d’Avignon, vicaire à Saint-Paul, à Paris ;

9.Jean-Joseph Rateau, de Bordeaux, maître de conférences au Séminaire Saint-Sulpice, à Paris ;

10.Jean-Louis Guyard de Saint-Clair, d’Avenelles, au diocèse de Séez, chanoine de Noyon ;

11.Jean-Pierre Simon, de Paris, promoteur de l’officialité du grand chantre de Notre-Dame de Paris ;

12.Laurent, adjoint au directeur de l’Institut des Sourds-Muets, à Paris ;

13.Louis Le Danois, de Moitiers-en-Beauptois, au diocèse de Coutances, vicaire à Saint-Roch, à Paris ;

14. Louis-Charles (ou Charles-Louis) Hurtrel, de Paris, minime, bibliothécaire du couvent des Minimes, à Paris ;

15.Louis-Remi Benoist, de Paris, vicaire aussi à Saint-Paul ;

16.Louis-René-Nicolas Benoist, frère cadet du précédent, vicaire aussi à Saint-Paul ;

17.Marie-Louis Royer, de Paris, curé de Saint-Jean en Grève ;

18.Pierre-Jacques Vitalis, de Carpentras, vicaire à Saint-Merry, à Paris.

19.Pierre-Louis Gervais, de Montreuil-en-Caux, au diocèse de Rouen, secrétaire général de l’archevêque de Paris, chanoine de Champeaux ;

20.Saintin Huré, de Vigny, au diocèse de Paris, vicaire de Marines ;

21.Thomas-Jean Monsaint, de Villerville, au diocèse de Bayeux, vicaire à Saint-Roch, à Paris.

(Placés par ordre alphabétique pour faciliter la recherche).

Bx Joseph Marie Laguia Puerto

Profès o.p., martyr († 1937)

Bx Joseph Marie Laguia Puerto

Bx José María Laguía Puerto
Profès dominicain dans les Asturies
Martyr († Oviedo 02/09/1937)

Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l'Evangile de Jésus Christ…soient dorénavant appelés du nom de bienheureux et que leur fête soit célébrée chaque année le 6 novembre dans les lieux et selon les modalités établies par le droit. » (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).

Commémoration propre à l’Ordo Fratrum Praedicatorum :

José María Laguía Puerto, est naît et baptisé à Albarracín (Teruel, Espagne) le 12 mars 1888. Dès l’enfance il eut des contacts quotidiens avec les dominicaines du monastère Saint Étienne et Saint Bruno de sa ville natale. Il a deux sœurs religieuses (dont une dominicaine).

Il entre au couvent de Corias comme frère coopérateur, parce qu’il sait que l’Ordre dominicain a eu beaucoup de saints frères. Profession en 1909; portier du couvent, il irradie l’amabilité; de santé fragile, il est convaincu de l’avoir recouvrée par l’intercession de saint Joseph. On l’envoie au collège de Vergara (Guipúzcoa) où il fait profession solennelle en 1918; puis au couvent de Las Caldas de Besaya (Santander), où il s’occupe de l’infirmerie, de la blanchisserie et de la sacristie, fonctions où il laissa le souvenir ineffaçable d’un religieux sérieux et d’une vertu extraordinaire.
Quand fut fondée la maison de La Felguera (Asturies) en 1930, il y fut envoyé; il s’occupa du jardin d’enfants, de la chapelle ouverte au culte, et autres travaux. Il se fit remarquer par sa patience, délicatesse et bonté, il avait une grande douceur; dans les conversations il communiquait avec intensité son amour de Dieu, poussant les âmes de ceux qui l’entendaient à plus de vertu.

En juillet 1936, la communauté dut se disperser. Il vécut 5 mois caché dans une maison amie, avec la possibilité de participer à l’eucharistie quotidienne, il fut pour tous un exemple constant de vie surnaturelle; puis il trouva un autre domicile.
Le 30 juillet 1937 il fut arrêté, emmené au comité d’investigation et incarcéré à Sama de Langreo, puis ils l’emmenèrent à Gijón, à la prison improvisée dans l’église des jésuites, il fut obligé de travailler sur une route ; début septembre 1937, ils le sortirent de prison; avec d’autres ils l’emmenèrent à La Felguera puis à Tudela de Veguín, et de là au cimetière du Sauveur à Oviedo, le 02 septembre 1937, où son cadavre apparut avec le rosaire dans une fosse commune.

Bx Antoine Franco

Prélat et abbé (1585-1626)

Bx Antonio Franco
Prélat et abbé de S. Lucia del Mela
(Messine, Italie)

A ntonio Franco, troisième de six enfants, naît à Naples le 26 septembre 1585 du noble Orlando Franco et de Anna Francesca Pisana di Antonio, baron de Pascarella.

Trois jours après la naissance, il fut porté par ses parents aux fonts baptismaux de l'église paroissiale de Saint Angelo à Segno, où il reçut les prénoms de Pirro Antonio Giovanni et Francesco. Mais dans sa famille il fut appelé uniquement Antonio, prénom avec lequel il fut désigné et connu ensuite.

Depuis son enfance il montra une particulière bonté d’âme combinée avec ses multiples qualités mentales. Doté d’une intelligence hors du commun, le 23 septembre 1602, à peine âgé de 17 ans, il reçoit son diplôme « in utroque iure » (doctorat en droit canon et en droit civil).

N'ayant pas l'âge canonique d'être ordonné prêtre, il termine ses études à Rome. Même pas un an après son arrivée dans la Ville Éternelle, son père l'envoie en Espagne auprès de la cour du roi Philippe III, à Madrid. Ordonné prêtre en 1610, le 14 janvier 1611 Philippe III le nomma Aumônier Royal.

Au fil des années le Roi l’estima si profondément que le 12 novembre 1616 le nomma Aumônier Majeur du Royaume de Sicile. De ce fait Antonio Franco devenait aussi prélat et abbé de la Prélature Nullius de Santa Lucia del Mela (Messine, Italie).

Après la confirmation de cette nomination de la part du pape Paul V (Camillo Borghese, 1605-1621), le 11 février 1617, le prélat fit son entrée solennelle à Santa Lucia del Mela, le 18 mai 1617. Il aura toujours côtoyé les plus grands mais resta toujours humble et fidèle à ses engagements.

Le 2 septembre 1626 il quitte sa demeure terrestre, pour la rencontre avec Dieu, avec un visage transfiguré, par une joie paradisiaque, en prononçant les Saints noms de « Jésus et Marie ». Par ses miracles, de son vivant et plus encore après sa mort, il était considéré comme un Saint.

Antonio Franco a été proclamé Bienheureux le 02 septembre 2013 dans la Basilique de Santa Lucia del Mela où son corps, resté intact, est conservé dans une châsse. La cérémonie de béatification était présidée par le card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le Pape François.

St Zénon de Nicomedie

Martyr († IIIe s.)

Martyrologe Romain : À Nicomédie en Bithynie, au IIIe siècle, saint Zénon, martyr.

Ste Théodote et ses fils

Martyrs († IVe s.)

Martyrologe Romain : À Nicée, en Bithynie, au IVe siècle, la passion de sainte Théodote avec ses fils Évode, Hermogène, et Calliste.

St Habib d'Urfa

Diacre et martyr († 322)

St Habib d'Urfa

Martyrologe Romain : À Édesse en Oshroène, en 322, saint Habib, diacre et martyr. Sous l’empereur Licinius, il fut condamné par le préfet Lysanias à être brûlé vif, achevant ainsi un glorieux combat.

St Antonin

Martyr († IVe s.)

St Antonin

Martyrologe Romain : À Apamée en Syrie, au IVe siècle, saint Antonin, martyr. Tailleur de pierre, il avait, dit-on, détruit des idoles, ce qui provoqua la vengeance des païens qui le tuèrent, à l’âge de vingt ans, victime de son zèle pour la foi.

St Prosper

Évêque († IVe ou Ve s.)

St Prosper

Martyrologe Romain : À Tarragone en Espagne, au IVe ou Ve siècle, saint Prosper, évêque.

St Juste

Évêque († après 381)

Martyrologe Romain : À Lyon, après 381, la mise au tombeau de saint Juste, évêque. Après le concile d’Aquilée, il laissa la charge de l’épiscopat et se retira avec saint Viateur, lecteur, dans le désert d’Égypte, où il vécut plusieurs années, humblement associé aux moines. Son corps saint fut transféré plus tard à Lyon avec les ossements de saint Viateur.

St Nonnosus

Prévôt († VIe s.)

St Nonnosus

Martyrologe Romain : Commémoraison de saint Nonnosus, prévôt du monastère au mont Soracte, près de la voie Flaminienne dans le Latium, au VIe siècle. Le pape saint Grégoire le Grand loue son égalité d’âme, sa douceur dans le gouvernement des frères et la puissance de sa prière.

St Syagre

Évêque († 599 ou 600)

Martyrologe Romain : À Autun, en 599 ou 600, saint Syagre, évêque, qui brilla par sa science et son zèle dans les conciles auxquels il prit part, fonda le monastère Saint-Martin et l’hospice Saint-Andoche, et accueillit tout un hiver saint Augustin et les moines qui l’accompagnaient pour prêcher l’Évangile en Angleterre.

St Agricol

Évêque († v. 700)

Saint Agricol
Évêque
(† v. 700)

Agricol était le fils de saint Magne. À seize ans, il fit profession monastique à Lérins, où il resta seize ans. Son père le rappela à Avignon et fit de lui son coadjuteur.

Devenu évêque de la ville en 660, il construisit une église à Avignon qui était desservie par les moines de Lérins, ainsi qu'un couvent de sœurs bénédictines.

Il se rendit illustre « par le nombre de ses vertus et de ses miracles ». Une de ses bénédictions mit fin à une invasion de cigognes.

Ce ne fut qu'en 1647 qu'Agricol devint patron d'Avignon.

St Elpide

Abbé († IVe s.)

St Elpide

Martyrologe Romain : dans les Marches près d’Ancône, saint Elpide, qui a donné son nom à la ville qui conserve son corps.

Sts Albert et Guy

Moines († v. 1096)

Sts Albert et Guy

Martyrologe Romain : À Pontida, près de Bergame en Lombardie, vers 1096, saint Albert et saint Guy, moines. Le premier, préférant la milice du Christ aux armes et aux honneurs du monde, construisit dans sa propre cité, un monastère, que le second dirigea selon les coutumes de Cluny.

Bx Brocard

Prieur († v. 1231)

Martyrologe Romain : Au mont Carmel, près de la source d’Élie, vers 1231, le bienheureux Brocard, prieur des ermites, auxquels saint Albert, évêque de Jérusalem, donna une règle de vie pour qu’ils demeurent jour et nuit dans la méditation de la loi du Seigneur et veillant dans la prière.

BBx Martyrs des Carmes († 1792)

BBx Martyrs des Carmes († 1792)

Bienheureux Martyrs de Septembre
victimes de la Révolution française
(† septembre 1792)

Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtres séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n'est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié sont étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d'hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l'exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l'abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.

Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l'abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s'achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d'abord reflué et se sont mutuellement donné l'absolution. « Je n'ai entendu se plaindre aucun de ceux que j'ai vu massacrés » écrira l'abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.

Parmi les trois mille victimes de septembre 1792, cent quatre-vingt onze personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) le 17 octobre 1926. Quatre-vingt-six prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l'Église de Paris.

On peut vénérer ces béatifiés dans la crypte ossuaire érigée au XIXème siècle sous la chapelle de l'Église Saint-Joseph-des-Carmes (74, rue de Vaugirard, 6ème arr.).

« L'escalier du martyre » marqué d'une plaque Hic ceciderunt (« Ici ils tombèrent ») est aujourd'hui inclus dans le jardin du séminaire universitaire de l'Institut catholique.

Pour un approfondissement biographique :
>>> Liste des 191 Bienheureux martyrs de septembre 1792 à Paris