Soyons des disciples missionnaires
à la foi active et la charité efficace
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
En ce 29ème dimanche du Temps ordinaire, nous entendons des textes bibliques qui nous interpellent. Ils nous rappellent l’importance que nous avons aux yeux de Dieu et le rôle que nous avons auprès des autres ; ce sont les paroles de la première lecture : “Je t’ai appelé par ton nom. Je t’ai donné un titre ; je suis le Seigneur et il n’en est pas d’autre.” Cette bonne nouvelle a été annoncée à un peuple qui vient de passer 50 ans en exil sur une terre étrangère. Ce peuple anéanti et humilié va pouvoir retrouver sa dignité et sa fierté. Ce qui est extraordinaire, c’est que Dieu se sert d’un roi païen pour réaliser son projet de salut. Cyrus, roi de Perse est devenu l’homme providentiel qui permettra au peuple d’Israël de retrouver sa terre.
À travers ce texte du prophète, nous entrevoyons un autre libérateur : il s’agit de Jésus lui-même. Avec lui, ce n’est pas seulement Israël qui est sauvé. Il est venu pour tous les peuples du monde. Il nous voit plongés dans notre péché, loin de Dieu. Il a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. Il veut associer tous les hommes à sa victoire sur la mort et le péché. La journée missionnaire est là pour nous appeler à être missionnaires.
Nous sommes envoyés pour annoncer “la joie de l’Évangile” ; c’est l’appel que nous adressait inlassablement le pape François : “la joie de l’Évangile remplit le cœur de ceux qui rencontrent Jésus.” C’est cette joie que nous avons à communiquer et à rayonner dans ce monde qui en a bien besoin. Devant ce désert spirituel, la tentation est grande de se décourager et de dire que ça ne sert à rien. Mais dans ce désert, “il faut des hommes de foi, qui par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi, tiennent en éveil l’espérance”. (Pape François)
C’est de cette espérance que Paul témoigne dans la 2ème lecture ; il découvre chez les chrétiens de Thessalonique une foi active. Il a annoncé l’Évangile à des gens qui ne le connaissaient pas. Ces païens ont accueilli la Bonne nouvelle et se sont convertis à Jésus Christ. Mais il découvre que le principal travail, c’est Dieu qui le fait dans le cœur des hommes.
Cette annonce de l’Évangile n’a pas été facile pour les envoyés. Ils se sont trouvés affrontés à des gens qui ont cherché à le discréditer. C’est ce qui s’est passé pour Jésus tout au long de son ministère. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous voyons les pharisiens et les partisans d’Hérode se mettre d’accord pour lui tendre un piège ; ils commencent par faire l’éloge de sa franchise, de sa rectitude et de son intégrité ; mais ce langage flatteur vire progressivement vers un complot contre Jésus : “Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur César ?”
Ces oppositions à l’Évangile sont toujours d’actualité : la tentation est grande de mettre hors circuit ceux qui nous remettent en question et nous poussent à changer. Quand la parole de l’Église nous dérange, on fait tout pour la discréditer. Mais rien ne doit arrêter l’annonce de la bonne nouvelle. Le Christ compte sur chacun de nous pour être les témoins et les messagers de ces paroles de la Vie Éternelle.
Dans l’Évangile de ce jour, Jésus remet les choses “à l’endroit” : “Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.” Certains pourraient croire que Jésus nous invite à un partage clair entre les deux domaines. Pour beaucoup c’est “la semaine à César et le dimanche à Dieu. » Mais ce n’est pas cela que Jésus nous demande. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, “c’est reconnaître, face à n’importe quel type de pouvoir que Dieu est le Seigneur de l’homme et qu’il n’y en a pas d’autre” (pape François). Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est s’ouvrir à sa volonté et coopérer à son Royaume de miséricorde, d’amour et de paix.”
Rendre à césar ce qui est à césar, c’est participer à l’organisation de la société dans laquelle nous vivons, c’est assainir les relations en les fondant sur la loyauté, c’est assumer nos tâches dans les divers domaines de la vie sociale, économique et familiale. Nous avons tous à lutter pour que la dignité des plus pauvres soit reconnue et respectée. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés comme messagers de l’Évangile. À l’occasion de cette semaine missionnaire, nous sommes mis devant nos responsabilités. Le Christ nous veut en état de mission quels que soient notre et notre situation.
En célébrant cette Eucharistie, nous voulons, Seigneur, te rendre ce qui te revient. Nous t’offrons tous les actes de foi, d’espérance et de charité qui émaillent de nos vies et de celles de tous nos frères. Avec toi nous nous engageons à tout faire pour que l’amour l’emporte sur la haine et la violence. Sois avec nous pour que l’Évangile soit annoncé dans le monde entier. Amen

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mt 22:21).
Cette célèbre Parole d'Évangile est devenue une expression courante largement utilisée dans la vie de tous les jours, lors de nos conversations ou de nos écrits. À tort ou à raison, elle exprime l’idée de faire la part des choses ou de faire un choix quand les avis divergent.
Pour de nombreux chrétiens, cette parole de Jésus semble établir une séparation radicale entre d’une part le sacré et d’autre part le profane. D’un côté, la foi occupe un espace bien défini, et de l’autre, la vie poursuit sa propre logique ! La foi doit-elle être tenue à l’écart de toute activité humaine ? Faut-il séparer l’action des hommes et l’œuvre de Dieu dans l’édification d’un monde meilleur ? Est-ce vraiment cela qu’il faut déduire de l’enseignement de Jésus ? À première vue, on dirait que Jésus parle dans ce sens.
Dans cette logique, notre conduite envers Dieu et notre comportement en société varie en fonction des circonstances. Et le risque serait de considérer deux domaines distincts dans notre parcours de foi : un espace purement spirituel à côté d’une vie sociale sans lien avec lui. Mais Jésus n’a pas l’intention de séparer deux mondes intimement liés : la foi et la vie sociale. Le Royaume de Dieu n’est pas un concurrent de celui de César. La spiritualité ne peut être dissociée de la conduite dans la vie. Ce sont les deux faces d'une même pièce, inséparables !
Lors de cet échange avec les pharisiens, Jésus les mettait devant leur responsabilité en tant que citoyens et leur devoir envers Dieu. Il nous place également devant notre devoir envers la société tout en restant fidèles à Dieu. La foi ne nous éloigne pas de l’activité humaine. Au contraire, avec une lucidité accrue, elle la transfigure. D’où le besoin d’une spiritualité forte pour donner de la profondeur à l'action. Le spirituel doit s’enraciner dans la réalité du monde pour être crédible. La vie sociale doit s’imprégner des valeurs essentielles de la foi pour s’épanouir. Ensemble, ces deux aspects créent l’harmonie dans notre vie. Agissons selon notre foi. Faisons bien ‘la part des choses’ mais c’est toujours Dieu le point de convergence de toutes nos actions. La Parole de Dieu dans le texte d’Isaïe nous le rappelle : « Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. » (Isaïe 45:5).
Toutefois, une adéquation parfaite entre foi et engagement social est souvent difficile à établir. Mais n’oublions pas que la foi n’est crédible que quand elle s’incarne dans la réalité de la vie. La foi ne nous déconnecte pas du devoir envers la société. Au contraire, elle nous incite à nous engager positivement dans le cadre social où nous vivons. Aujourd’hui, plus que jamais, elle doit occuper une place de choix dans le champ de nos activités. Notre spiritualité doit être au plus près de la réalité humaine. Elle sera un atout au service de la justice et de la paix. Contributions au bon fonctionnement de la société. Épanouissons-nous et soyons un reflet de la lumière de Dieu sur notre milieu de vie. Rendons notre foi lumineuse aux yeux des hommes. « Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5:16).
« Est-il permis, oui ou non ? » (Mt 22:17). La question des pharisiens est aussi la nôtre dans certaines situations délicates auxquelles nous sommes confrontés. Et souvent une réponse adéquate au problème n'est pas toujours évidente ! Mais disons-nous bien que, face à un cas de conscience, nous n’avons pas à mobiliser Dieu pour cautionner notre choix. Ne faisons pas ‘porter le chapeau’ à Dieu pour expliquer nos décisions. Nos engagements sociaux nous impliquent personnellement. Saint Paul nous invite à remplir nos devoirs en tant que citoyens exemplaires : « Rendez à chacun ce qui lui est dû : la taxe à qui vous devez la taxe, l’impôt à qui vous devez l’impôt, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur. Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. » (Rm 13:7-8).
Quelle que soit la situation, adoptons une attitude en accord avec notre foi et en respectant l'équité dans nos relations sociales. Utilisons notre sens critique et agissons pour le mieux selon nos convictions religieuses. Avons-nous besoin de lumière ? Ce sera l’occasion d’une rencontre personnelle avec Dieu ! L’Esprit-Saint nous éclairera et nous guidera !
Rendons donc « à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Vivons pleinement notre foi dans une attitude d’ouverture envers la société. Notre attachement à Dieu est la meilleure boussole pour nous orienter. Ainsi, notre mode de vie enraciné dans la foi chrétienne crée une harmonie qui peut transformer la société dans laquelle nous vivons !
Nguyễn Thế Cường Jacques
Je trouve ce commentaire nourrissant pour notre foi.