30ème dimanche du Temps ordinaire 2026

18 octobre 2026

« Tu aimeras… »

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
“Dans la loi, quel est le grand commandement ?” La question méritait d’être posée car, dans le livre de la Loi, il y en a 613. Ils ont été ajoutés progressivement pour répondre à des contextes différents. Dans toutes les civilisations, on a créé des lois pour protéger les faibles. Ce qui est nouveau ici, c’est le fondement de cette loi : elle concerne un peuple qui a fait la double expérience de l’esclavage en Égypte et de la libération par Dieu. Le Seigneur s’est révélé comme celui qui entend la plainte des humiliés et qui leur rend leur liberté et leur dignité. À travers la loi, Dieu continue à prendre la défense des humiliés.

Toutes les lois bibliques sont émaillées de rappels, rappel de la souffrance endurée quand on était esclave en Égypte, rappel de Dieu libérant son peuple. Si Dieu a libéré son peuple, c’est parce qu’il a entendu le cri des malheureux. Il est concerné par la souffrance humaine. Pour l’instant, il faut encore des menaces pour que la loi soit respectée : « Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera ». Mais peu, l’homme éduqué par Dieu et par la loi n’aura plus besoin de menace car il aura appris à voir en tout homme un frère.

Dans la seconde lecture, Paul montre précisément aux Thessaloniciens ce qu’est l’amour de Dieu. Il leur souhaite de répondre dignement à cet amour qui est en lui. Ils sont tous appelés à devenir pour ceux qui les entourent des modèles de foi et d’amour. Ils viennent d’être libérés des idoles aliénantes. Ils sont maintenant invités à se tourner vers le vrai Dieu et à travailler activement à l’avènement de son Royaume. C’est important pour nous aujourd’hui. Nous vivons dans un monde difficile : les chrétiens y sont critiqués, tournés en dérision ou persécutés. C’est un test de la vraie foi : on n’y échappe pas ; cela arrive sans l’avoir cherché. C’est la logique de l’Évangile qui ne cesse jamais de se vérifier.

Dans l’Évangile, nous entendons Jésus répondre à la question des pharisiens : « quel est le grand commandement ? » s’ils interrogent Jésus, ce n’est pas pour approfondir l’enseignement de la loi mais pour tendre un piège Jésus : Ils le voyaient accomplir chaque jour des œuvres de miséricorde ; il était très proche des blessés de la vie, des malades et des égarés, des infréquentables. Il guérissait le jour du Sabbat. On lui reproche d’en faire trop au détriment de la loi de Dieu.

Dans sa réponse, Jésus rappelle ce qui est dit dans le livre du Deutéronome : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit (versets 37-38). Il aurait pu s’arrêter là, mais il ajoute quelque chose qui n’avait pas été demandé par le docteur de la loi : “le second commandement lui est semblable… Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Jésus met ces deux commandements ensemble pour nous révéler qu’ils sont inséparables et complémentaires. On ne peut aimer Dieu sans aimer le prochain. Et on ne peut aimer le prochain sans aimer Dieu.

Pour vivre cet Évangile, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Ce qu’il nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout. Au soir du jeudi saint, il disait : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.” Il ne s’agit plus d’une simple loi écrite mais d’une personne qui se donne. Le Christ continue à insuffler son Esprit Saint à ses fidèles pour animer leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. Il s’identifie à notre prochain et il nous appelle à le reconnaître dans les autres. Ce que nous avons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’avons fait.

C’est à notre amour pour les petits et les exclus que nous serons jugés. Et à travers eux c’est le Christ qui est là. Il nous appelle tous à aimer Dieu au quotidien et en toutes circonstances. Dans le même temps, il nous appelle à aimer au quotidien tous nos frères proches et lointains. Il importe que notre charité soit active et généreuse. Les organismes de solidarité sont là pour nous aider à la rendre plus efficace. Le Seigneur est là pour nous accompagner et nous montrer le chemin.

Par la communion, c’est Jésus qui vient vivre en nous. Il vient en nous pour aimer notre Père et tous nos frères et sœurs de la terre. Nous lui rendons grâce : Béni sois-tu, Seigneur pour cet amour. Tu nous envoies le rayonner autour de nous. Garde-nous fidèles à cette mission. Qu’elle soit le programme de toute notre vie. Amen

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Un commentaire

  1. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. […] Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22:37,39).

    Les pharisiens connaissent bien ces deux préceptes car ils sont inscrits dans les Livres Deutéronome et Lévitique : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Dt 6:5). « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lv 19:18). Malgré tout, « un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : ‘Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?’ » (Mt 22:35-36). Par une réponse concise, Jésus l’invite à saisir la quintessence de la loi de Moïse. L’originalité de son éclaircissement, c’est qu’Il met sur le même plan l’amour pour Dieu et celui envers le prochain. « De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » (Mt 22:40). L’Amour dans son intégralité est l'essence même de la Bonne Nouvelle qu'Il apporte au monde. Jésus fait de ce concept le principe unificateur de son œuvre de Rédemption !

    ‘Amour’, ce mot magique si souvent utilisé dans les écrits, les conversations et les expressions artistiques... On l’accompagne volontiers à toutes les sauces ! Mais savons-nous l'apprécier à sa juste valeur ? Et surtout, comment lui donner une vraie place ? L’amour, cet élan sincère du cœur, n’est pas seulement une émotion passagère. L’amour véritable ne se vit ni en désir ni en possession. Il se manifeste à travers la bonté, la gentillesse et la générosité. Et souvent, ce sont les petits détails d’attention ou d’écoute qui font la différence. Cela paraît simple et pourtant si difficile à mettre en œuvre dans la vie de tous les jours !

    « Aime et fais ce que tu veux. » Cette citation est la plus connue des écrits de saint Augustin, mais aussi l'une des moins bien comprises. Mal interprétée, elle peut conduire à un comportement inapproprié. Selon saint Augustin, la bonne intention est le critère déterminant de la validité de l'action : « Si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour. De cette racine, il ne peut sortir que du bien. » L’amour véritable nous rend clairvoyant, capable de prendre la meilleure décision dans une situation particulière.

    ‘Aimer Dieu’ n’est donc pas une notion abstraite. Cette piété envers Dieu doit transparaître dans les actions concrètes de notre vie, à travers nos relations avec les personnes qui nous entourent ! Saint Jean explique : « Si quelqu'un dit : ‘J'aime Dieu’, alors qu'il a de la haine contre son frère, c'est un menteur. En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, est incapable d'aimer Dieu, qu'il ne voit pas. » (1 Jean 4:20).

    ‘Aimer son prochain’ ne repose donc pas uniquement sur une émotion spontanée, il doit refléter notre profond attachement à Dieu. Cela se révèle par une attitude qui rend notre quotidien et celui de nos proches plus doux et plus agréable. Cet Amour fait de nous un vrai disciple du Christ : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13:35). Saint Paul témoigne : « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. » (1 Corinthiens 13:1).

    ‘Aimer son prochain’, c’est aller au-devant de quelqu’un qui cherche un soutien. Cette attitude fraternelle est le reflet de notre amour profond envers Dieu. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » nous dit Jésus (Jn 15:12). Cet Amour embaume notre âme et crée l’harmonie autour de nous. Il nous transforme et nous met dans l’intimité de Dieu !

    ‘Aimer son prochain’, c’est prendre du temps pour écouter l’autre et lui parler vraiment. C’est rendre service avec amabilité et apporter un soutien avec délicatesse. C’est échanger un sourire bienveillant avec la personne rencontrée et partager avec lui les petits bonheurs du moment. C’est se réjouir d'être ensemble tout simplement.

    ‘Aimer son prochain’, c’est accepter l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. C'est ignorer les petites imperfections pour ne considérer que la bonne intention. C’est se laisser bousculer dans son emploi du temps par ceux qui ont besoin d’aide. C'est établir une relation harmonieuse avec l’entourage, dans une ambiance de paix et de générosité.

    « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. » (1 Corinthiens 13:4-7). Un superbe portrait de l’amour !

    Nguyễn Thế Cường Jacques

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