Fête de tous les saints – 1er novembre 2026

25 octobre 2026

Un cortège de joie !

Toussaint est une marche : un cortège de joie au pays de Dieu, lorsque l’humanité arrive au terme du chemin et découvre que sa route, chaotique parfois, détournée souvent, conduit pourtant au bonheur promis du Royaume des cieux. C’est ce bonheur qui éclaire aujourd’hui notre fête, quand la Toussaint nous donne de découvrir émerveillés où nous conduisent nos pas, après et avec tous les saints, nos frères en humanité déjà illuminés du soleil de Pâques.

Homélie

Textes bibliques : Lire
En ce jour de Toussaint, nos églises accueillent plus de monde que d’habitude. Nombreux sont ceux qui, ce jour-là, reviennent à leur lieu d’origine. C’est à nous tous que le Christ adresse son message d’espérance aujourd’hui. Cette fête de la Toussaint c’est la fête de la victoire. Nous célébrons la victoire de la vie sur la mort tout comme le jour de Pâques. D’ailleurs, ces deux fêtes sont intimement liées l’une à l’autre.

En effet, le jour de Pâques, les amis de Jésus se sont rendus à son tombeau. Et le jour de Toussaint, nous avons l’habitude de nous rendre auprès des tombes de nos défunts. Mais comme le jour de Pâques, nous devons nous rappeler cet appel de l’évangile: « Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant. » Jésus lui-même nous dit que Dieu, s’adressant à Moïse, lui dit: « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ». Et Jésus ajoute : « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants ». C’est à cela qu’il nous faut penser sur la tombe de nos défunts.

Cette fête d’aujourd’hui nous annonce notre résurrection. Elle nous rappelle que nous sommes appelés à vivre pour toujours avec le Christ ressuscité. Notre vie actuelle est une marche vers ce Royaume de Dieu auquel nous sommes tous invités. C’est maintenant que nous entrons ou que nous refusons d’entrer dans cette vie nouvelle. Tout dépend de l’amour que nous mettons dans notre vie.

En ce jour, nous nous tournons vers ceux qui nous ont précédés sur ce chemin, vers tous les saints du ciel, tous ceux qui vivent pour toujours dans la joie auprès de Dieu. Ils sont proclamés bienheureux parce qu’ils ont écouté la Parole de Dieu et qu’ils l’ont mise en pratique. Cette multitude de saints que nous fêtons aujourd’hui, cette foule immense, impossible à dénombrer, ce n’étaient pas des gens extraordinaires. C’étaient des gens comme nous. Ils ont connu la même vie, les mêmes souffrances, les mêmes difficultés et souvent les mêmes péchés que nous. Mais tout au long de leur existence terrestre, ils se sont efforcés de vivre l’évangile des béatitudes, celui que nous venons d’écouter.

Quand Jésus disait: « Bienheureux les pauvres de cœur ; le Royaume des cieux est à eux », ils ont compris qu’il était absolument nécessaire de se détacher des richesses et des pouvoirs de ce monde. Ils ont compris que l’attachement excessif aux pouvoirs de ce monde nous empêche d’être disponibles aux appels du Seigneur. Pour donner la priorité à Dieu, il faut accepter des renoncements.

Quand Jésus nous dit : « heureux les doux… Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice… Heureux les miséricordieux… » il nous dit aussi : « Aimez-vous les uns les autres. » Cela passe par des choses toutes simples: par exemple savoir interpréter avec bienveillance les attitudes d’autrui, être capable de se taire pour écouter l’autre, se rendre disponible pour répondre à un appel, et, à travers tout cela, savoir reconnaître le Seigneur en tous ceux que nous rencontrons.

Tout cela a été vécu sans bruit par les saints que nous fêtons aujourd’hui, le plus souvent dans l’anonymat. Et quand je parle des saints, ce n’est pas seulement ceux qui ont été canonisés, ceux qui ont été reconnus officiellement par l’Église. Il y a aussi la foule immense de tous ceux qui ont suivi le Christ, ceux de nos familles et tous ceux que nous ne connaissons pas.

Cela veut dire que pour nous aussi la sainteté est à portée de main. Elle nous est donnée en germe au jour de notre baptême. La sainteté n’est rien d’autre que la vocation chrétienne vécue comme elle doit l’être dans toutes les situations de notre vie; c’est la fidélité scrupuleuse aux engagements de notre baptême, c’est la mise en pratique de tout l’évangile dans toute notre vie.

Nous sommes tous appelés à la sainteté. Pour y parvenir, nous n’avons pas à abandonner nos obligations: il s’agit de vivre la situation qui est la nôtre en nous inspirant de l’évangile des béatitudes. Celui qui le prend au sérieux sera entraîné beaucoup plus loin qu’il ne croyait. Il devra parfois aller à contrecourant de la mentalité du monde, de toutes ces propagandes que nous entendons autour de nous et qui ne sont pas toujours conformes à la mentalité de l’évangile.

En ce jour nous nous tournons ensemble vers le Christ et nous lui demandons qu’il soit notre guide et notre lumière comme il l’a été pour les saints que nous fêtons en ce jour. Il est présent parmi nous pour raviver notre foi et notre espérance. Il nous appelle à le suivre pour rejoindre la foule immense de tous ceux qui nous ont précédés. C’est dans cette espérance que nous le prions en ce jour.

Partager

Un commentaire

  1. La sainte sans nom

    Il y a eu autrefois une jeune fille qui était servante dans une ferme – on ne sait plus trop où… Cette jeune fille semblait d’ailleurs tellement insignifiante qu’on ne l’appelait jamais que par « o! », « eh, toi ! » On avait complètement oublié son nom, et elle-même ne s’en souvenait plus.

    Cependant, après sa mort, lorsque cette petite s’est retrouvée au paradis, quelle n’a pas été sa surprise en constatant qu’on la conduisait tout auprès des plus grands saints du ciel ! Oui, car aussi discrète et peu remarquable qu’ait été sa vie, la jeune fille avait vécu de manière telle qu’elle en était arrivée, sans s’en rendre compte – et peut-être même à cause de cela – au plus pur état de sainteté. Et si, comble d’innocence, elle en était surprise et gênée, les autres saints eux étaient très embarrassés. Tous savaient que, ne possédant aucun nom propre, cette nouvelle sainte ne pourrait jamais recevoir de prière particulière, des vœux qui lui soient précisément adressés !

    Déjà, les saints les plus généreux lui proposaient de partager les leurs, tandis qu’elle refusait poliment, disant que jusqu’à présent, elle s’en était bien passée et qu’elle pourrait continuer… quand l’arrêt divin est tombé. Le Seigneur a prononcé :

    – A la nouvelle sainte sans nom iront toutes les prières sans nom.

    Et depuis ce jour, c’est cette petite, dont on ignore tout, qui recueille au ciel le plus de prière. Car c’est vers elle que montent tous les élans de nos cœurs, chaque fois que, sans même en prendre conscience, nous traverse une inclination vers le bien ou un désir confus de rendre le monde meilleur.

    Chaque sourire, chaque larme, dit-on,
    De nos plus pures émotions,
    Est aussitôt recueillie et bénie par la sainte sans nom

    Extrait de Contes des sages juifs, chrétiens et musulmans
    Jean-Jacques fdido, Seuil (p. 99 à 101)
    Revue Prier de novembre 2010

Poster un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *