
Vivons en frères sous l’action de l’Esprit
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche dénoncent les incohérences qui peuvent exister dans nos jugements. C’est ce qui se passait au temps d’Ézéchiel (1ère lecture). Le prophète s’adresse à un peuple déporté loin de sa terre natale. La nation juive a été disséminée en terre païenne. Beaucoup pensent que c’est à cause des fautes des générations précédentes qu’ils subissent une telle catastrophe. Le prophète réagit contre cette mentalité : il rappelle à chacun ses responsabilités ; c’est également important pour nous : nous sommes tous appelés à réorienter notre vie vers le Seigneur et à le suivre.
Dans la seconde lecture, saint Paul nous donne des précisions sur ce que doit être cette conversion. Il nous parle de vie fraternelle, d’humilité et même d’abaissement. Notre modèle doit être le Christ. Il a accepté la mort par amour de ses frères. C’est cette attitude qui lui a valu de triompher. Et c’est à ce triomphe sur la mort et le péché qu’il veut tous nous associer. Avoir les mêmes sentiments que lui, c’est être tout entier orienté vers le salut et la vie des hommes.
Dans l’Évangile, Jésus nous nous raconte la parabole des deux fils qui sont envoyés par leur père pour travailler à sa vigne. Ces enfants qui disent oui mais ne font rien, nous en connaissons tous. Quand on leur demande de faire quelque chose, ils savent dire un oui convaincant, mais une heure plus tard, on les retrouve devant leur télévision ou plongés ou leur téléphone portable sans avoir bougé le petit doigt. À travers ce constat, Jésus nous interpelle sur notre vie : “vous avez de belles paroles mais vous ne faites pas ce que Dieu attend de vous. Votre vie n’est pas en accord avec ce que vous prétendez être. Vous croyez être parfaits, mais vous n’êtes pas convertis.
Au même moment, nous avons des malcroyants notoires, des gens de mauvaise vie, voleurs et tricheurs, des femmes qu’on disait perdues : les uns et les autres étaient considérés comme irrécupérables. Or voilà qu’ils accueillent l’annonce du Salut : ils se convertissent et changent de vie. Leur “non” est devenu un “oui” parce qu’ils ont cru à l’amour de Dieu qui les ouvrait à un avenir nouveau.
Ce que Jésus dénonce, c’est l’orgueil et aussi le mépris à l’égard du pécheur. Ce dernier est enfoncé dans son passé et sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance, mais Dieu n’est pas ainsi. Comme nous l’a rappelé le prophète Ézéchiel, le juste peut se pervertir et le méchant se convertir. Jésus voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun. Il accueille le pécheur qui revient à Dieu. Les publicains et les prostituées avaient commencé par dire non à cet appel. Mais ils se sont convertis. Ils ont accueilli celui qui, seul, pouvait donner un sens à leur existence. Cette rencontre avec Dieu a complètement changé leur vie. Tout au long des évangiles, nous découvrons que les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés.
Au-delà des grands prêtres et des anciens, Jésus s’adresse aussi à chacun de nous ; c’est à nous qu’il pose la question : “Lequel des deux a fait la volonté du Père ?” La réponse nous appartient mais il ne faut pas oublier d’en tirer les conséquences : nous ne pouvons pas nous contenter de bons sentiments, de superbes résolutions, d’ardentes prières… il en faut bien sûr, mais si les actes ne suivent pas, nous ne sommes pas convertis. Une simple visite à un malade compte plus qu’un beau discours sur la maladie ; un pardon donné a plus de poids qu’une dissertation sur la paix.
En ce jour, nous entendons la Parole du Père : “Mon fils, va travailler aujourd’hui à ma vigne !” Cette vigne c’est le Royaume de Dieu, Royaume d’amour, de justice et de paix. C’est là que Dieu veut rassembler tous les hommes, y compris ceux qui sont loin de lui.
Travailler à la Vigne du Seigneur, c’est participer à cette œuvre de rassemblement, c’est témoigner de la foi et de l’espérance qui nous habitent. Nous sommes tous envoyés dans ce monde pour y être des messagers de l’Évangile. C’est à notre amour que ns serons reconnus comme disciples du Christ.
Nous allons célébrer ensemble cette Eucharistie : qu’elle soit pour chacun de nous le lieu du repentir qui précède un engagement plus vrai dans la vigne du Seigneur.
***********************
26e dimanche ordinaire A – Intégrale des lectures — KTOTV
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 26e dimanche du temps ordinaire, année A
***********************
- 25ème dimanche du Temps ordinaire A (2026)
- Fête de saint Matthieu, apôtre et évangéliste (2026)
- Mardi de la 25ème semaine du Temps ordinaire 2026
- Mercredi de la 25ème semaine du Temps ordinaire 2026
- Jeudi de la 25ème semaine du Temps ordinaire 2026
- Vendredi de la 25ème semaine du temps ordinaire 2026
- Samedi de la 25ème semaine du temps ordinaire 2026
- 26ème dimanche du temps ordinaire 2026
« Un homme avait deux fils... » (Mt 21:28-32)
Un propriétaire de vignoble veut associer ses deux fils à l’entreprise familiale. À l'un comme à l'autre, il leur dit : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne. » (Mt 21:28). Un appel à participation ouvert et sans contrainte. Cependant, aucune réaction constructive ne se manifeste de la part des deux. Leur réponse diffère selon l’humeur du moment !
Une parabole qui nous touche en plein cœur ! N'est-ce pas là un fait courant dans le quotidien de chaque famille, entre parents et enfants ? À la demande d’un service, il y en a qui commencent par dire ‘non’, mais par la suite, rongés par le remords, accomplissent le travail requis. D’autres, en revanche, se contentent tout simplement d’un ‘oui’ évasif, sans engagement... Une belle promesse restée sans suite ! En somme, un ‘beau parleur’ en qui on ne peut avoir confiance. En société, l’un des reproches les plus sévères que l’on puisse faire à quelqu’un c’est de dire qu’il est riche en paroles mais pauvre en actions. ‘Le bavardage est l'écume de l'eau, l'action est une goutte d'or.’ (Proverbe tibétain). Des actes plutôt que des paroles. On apprécie quelqu’un pour ce qu’il fait et non pas sur ses bonnes intentions !
Dans la vie, on a davantage besoin de partenaires engagés qui savent prendre des initiatives plutôt que de personnes à la parole facile. Si les belles promesses ne dépassent pas l’étape de mise en route, aucune évolution ne sera possible. Oser le changement, c’est bien mais surtout il faut se décider à entrer en action ! Ce qui importe, c’est de mettre en œuvre nos idées. Ne passons pas notre temps à planifier. Dépassons le stade de cogitation pour passer à l’action et surtout poursuivons avec persévérance notre projet lorsque la route devient escarpée ! Le plus difficile à faire, c’est le tout premier pas. Car, le moment parfait pour entreprendre n’existe pas. Les conditions idéales pour agir n’arrivent que très rarement. Le bienheureux Frédéric Ozanam constate : ‘Il y a beaucoup de bonnes intentions, beaucoup d'inspirations généreuses, peu de résolutions, encore moins de persévérance.’
Il arrive que cette attitude se manifeste aussi dans notre vie de foi. Il y en a ceux qui proclament haut et fort la Parole de Dieu mais sans l’appliquer dans leur vie et d’autres la pratiquent au jour le jour sans jamais claironner ! De quel côté suis-je ? Celui qui s’empresse de dire ‘oui’ à Dieu pour Le servir, mais, au moindre obstacle, n’a pas le courage de tenir sa promesse ? Ou celui qui hésite à répondre à son appel ou dit franchement ‘non’, mais, après réflexion, rectifie sa conduite pour concrétiser sa demande ? Suis-je celui qui agit ou celui qui se campe dans la velléité ? Sans doute les deux. Cela dépend des jours ! Hélas, nous avons tous nos moments de générosité et de faiblesse. Des instants de lumière où nous sommes prêts à faire des promesses, mais avec le temps qui use, nous reprenons vite nos vieilles habitudes. Des moments de torpeur où rien ne nous stimule, mais une énergie interne nous a soudainement réveillé pour nous inciter à suivre au plus près les pas du Christ !
Cette parabole nous invite à changer notre attitude. Ce qui compte dans la vie, ce ne sont pas les promesses mais les actes. Une belle action vaut mieux qu'un long discours. Maintes fois, dans les Évangiles, Jésus reproche aux pharisiens de clamer de belles paroles sans les faire accompagner d’actes : « Ils disent mais ne font pas. » (Mt 23:3). Il nous met aussi en garde : « Ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’ qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père » (Mt 7:21).
« Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne. » (Mt 21:28). Cet appel de Dieu nous est personnellement adressé. Dieu veut nous associer à son œuvre de rédemption : établir le Royaume de Dieu dans notre milieu de vie. Nous avons tous un rôle à jouer et notre réponse ferme est attendue. Or, elle est souvent hésitante. La plupart du temps, l’engagement à son service reste au second plan. De nombreuses sollicitations alléchantes nous attirent ailleurs. Malgré tout, ce qui importe, c'est notre capacité à nous changer pour repartir du bon pied. Même si cela se fait progressivement. Ne restons pas accrochés à nos erreurs passées !
L'invitation de Dieu nous laisse toujours les mains libres. Cependant, elle nous rend également responsables. Soyons actifs, bâtissons notre foi sur une vitalité tangible. La foi véritable doit se manifester par des actions concrètes. Saint Jacques affirme : « Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-elle ? Sa foi peut-elle le sauver ? [...] Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. » (Jacques 2:14,17). Saint Paul nous exhorte : « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la parole de Dieu qui sont justifiés, mais ceux qui mettent cette parole en pratique » (Romains 2:13).
Nguyễn Thế Cường Jacques