20ème dimanche du Temps ordinaire -16 août 2026

9 août 2026

Bonne nouvelle pour tous

 

 

Homélie
Textes bibliques : Lire
Les lectures bibliques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle : le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; il est pour tous, y compris pour les étrangers.

C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe, bien avant la venue du Christ : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs… je les conduirai sur ma montagne sainte. » N’oublions pas que dans le monde de la Bible, la montagne c’est le lieu de la rencontre avec Dieu. S’il n’y a qu’un seul Dieu, le salut ne concerne pas seulement ses enfants mais aussi tous les autres peuples. C’est ce que nous rappelait le pape François quand il nous demandait d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux qui sont loin, jusque dans les « périphéries ». La Parole de Dieu doit être annoncée à tous.

Le psaume 66 vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : « Que tous les peuples te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble. » C’est une louange qui se veut universelle.

Avec la lettre de saint Paul, nous sommes en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. L’apôtre saint Paul s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas passé sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés.
A la suite de Paul et de tous les grands témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église d’aujourd’hui doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La bonne nouvelle de Jésus Christ est pour tous.

L’Évangile nous montre qu’avec Jésus cette bonne nouvelle est en train de se réaliser. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens. Il se retire dans la région de Tyr et Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout la rend étrangère et lointaine. Et pourtant, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons entendu : « Au moins les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. » C’est une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples.

Nous venons de fêter l’Assomption ; nous pouvons nous poser la question : qu’y a-t-il de commun entre Marie et cette païenne anonyme et méprisée ? Apparemment rien… sauf la foi. Marie et la cananéenne se rejoignent en Jésus Christ. La foi de la cananéenne est une ouverture du cœur, une grande confiance en celui qu’elle implore. Quand tout est désespéré, une mère espère encore. La foi d’une maman étrangère ouvre le cœur de Jésus aux païens.

Comme la Cananéenne, nous supplions le Christ : « Aie pitié de nous, aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les injustices, les violences, la misère… Beaucoup sont victimes de fausses accusations qui ne visent qu’à les enfoncer. Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers.
Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne c’est bien plus que des miettes : c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas de notre bord. Un jour, Jésus a dit : « aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés (autant que je vous ai aimés). Cet amour du Christ est universel et sans limite. Tous les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité

Nous faisons nôtre la prière de ce chant : « Allez-vous en sur les places et sur les parvis… Allez-vous en sur les places y chercher tous mes amis ». Amen

 

 

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Un commentaire

  1. Certains passages des Évangiles nous surprennent par l’âpreté de l’événement ou par la dureté de la Parole du Christ. C’est ainsi que le récit de saint Matthieu relatant la rencontre de Jésus avec une cananéenne a de quoi nous laisser perplexe !

    La scène se déroule au nord du lac de Tibériade, non loin du Liban, aux frontières d’Israël. Un élément marquant retient notre attention : la femme qui implore Jésus pour guérir sa fille n’est pas juive ! « Elle criait : ‘Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon.’ Mais Il ne lui répondit rien. » (Mt 15:22). Deux faits nous déconcertent dans cet épisode. Tout d’abord, Jésus se fait prier pour venir en aide à une mère accablée par le malheur. Ce n’est absolument pas dans son habitude, Lui qui va souvent au-devant des malheureux pour les secourir. Mais surtout, cette déclaration choquante de Jésus : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens » (Mt 15:26) faisant le parallèle entre le peuple d’Israël et les étrangers. Un propos qui paraît méprisant au premier abord… S’agit-il d’une sélection des destinataires de la Bonne Nouvelle ? : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » (Mt 15:24) !

    L’attitude de Jésus surprend ses disciples. C’est très inhabituel chez Celui qui est réputé pour sa bonté et sa bienveillance envers tout le monde. Mais en réalité, les paroles de Jésus peuvent être interprétées comme une épreuve imposée à cette femme. Déconcertantes mais éclairantes. En effet, la détermination de la cananéenne a donné à Jésus l’occasion de déclarer à tous ceux qui Le suivent son émerveillement pour sa confiance en Dieu d’Israël : « Seigneur, fils de David. » (Mt 15:22). Une ébauche de foi. L’amour pour sa fille et la confiance sans borne en la puissance de Dieu s’attirent l’un l’autre. La cananéenne est parfaitement consciente de ce qu’est la foi. Un don que certaines « brebis perdues d’Israël » refusent ! Jésus met en évidence ce fait aux yeux de tous : « ‘Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux !’ Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.» (Mt 15:28).

    Cet épisode témoigne de la grande bienveillance de Jésus envers tous. Ce trait saillant de sa personnalité met en lumière l’universalité de sa mission. « Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. » (Mt 8:11). La Bonne Nouvelle qu’Il apporte au monde est offerte à tous, sans aucune distinction. De nombreux récits des Évangiles illustrent sa bonté dans diverses situations : la parabole du bon Samaritain, les repas avec les publicains, la visite chez Zachée, la guérison du lépreux étranger ou de l’esclave d’un centurion romain, sa rencontre avec la Samaritaine au puits de Jacob… Et plusieurs fois, Jésus n’hésite pas à faire l’éloge de leur foi. « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » (Lc 7:9).

    La rencontre de Jésus avec la cananéenne nous ouvre une fenêtre sur l’expression de la foi dans la diversité culturelle. La foi en Dieu peut se manifester de différentes manières selon les cultures. Toutes ces voies convergent vers un seul objectif : accéder au Royaume des Cieux. Ayons du respect pour tous ceux qui n’empruntent pas le même chemin que nous vers l’Éternité. Leur foi sincère s’exprime d’une manière différente que la nôtre. Une grande ouverture d’esprit envers d’autres confessions peut nous offrir des expériences enrichissantes. S’ouvrir ne signifie pas s’aligner sur l’autre mais c’est prendre conscience des richesses qui viennent ailleurs : accueillir la diversité comme un trésor, une opportunité de renforcer sa foi !

    La beauté d’une foi peut surgir là où nous ne l’attendions pas. Les personnes que nous pensions être très éloignées de Dieu peuvent nous surprendre par la qualité de leurs prières et leur solidarité envers les plus démunis. Isaïe a annoncé à Israël que Dieu accueillera dans son temple « les étrangers qui sont devenus ses serviteurs : ‘Ma maison s’appellera : Maison de prière pour tous les peuples.’ » (Isaïe 56:7). Du pluralisme dans le Royaume des Cieux comme en témoigne saint Jean : « J’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. » (Apocalypse 7:9). Il n’y a plus de païens mais seulement des enfants que Dieu aime. Un rappel à un bon nombre de chrétiens sur les innombrables exclusions qu’ils ne parviennent pas à s’en défaire.

    La Cananéenne ‘est pour nous un exemple d’humilité et un chemin de piété’ souligne saint Augustin. Les épreuves n’affaiblissent pas son élan vers Dieu. Et nous, qu’en est-il de notre de foi aujourd’hui ? Nous arrive-t-il de douter lorsqu’une adversité survient ? Même si parfois nos efforts pour être au plus près de Dieu n’amènent pas le résultat attendu, ayons la foi et la persévérance de cette femme malgré les difficultés jalonnées sur notre chemin !

    Nguyễn Thế Cường Jacques

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