19ème dimanche du temps ordinaire
Abbé Jean Compazieu | 2 août 2026
Découvrir le vrai Dieu

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à corriger l’idée que nous nous faisons de Dieu. C’est ce qu’a dû faire le prophète Élie sur la montagne de l’Oreb (le Sinaï). Il se le représentait comme un Dieu de puissance. Il pensait le trouver dans l’ouragan puis dans le tremblement de terre. Mais le Seigneur n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Après cela, ce fut le murmure d’une brise légère. C’est là qu’Élie découvre le vrai Dieu. Lui qui croyait sauver son honneur en massacrant les « infidèles » découvre qu’il était sur une fausse piste. Le vrai Dieu est amour et miséricorde. Ce n’est qu’en aimant que nous disons quelque chose de lui.
L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Pour lui, ce fut le point de départ d’une véritable conversion. Cette découverte extraordinaire, il voudrait la partager avec ses frères de la communauté juive. Mais ces derniers refusent de reconnaître Jésus comme le Messie. Paul nous fait part de sa douleur face à leur incrédulité. Ces derniers n’ont pas accepté de reconnaître que le privilège du peuple élu soit étendu aux païens qui ont mis leur foi en Dieu. Ils ne comprennent pas que si le Christ a livré son Corps et versé son sang c’est pour eux et pour la multitude.
Avec l’Évangile, c’est Jésus lui-même qui vient remettre les choses « à l’endroit ». Rappelons-nous : il vient de multiplier les pains pour nourrir une foule affamée. Imaginons l’excitation de tous ces gens. Les uns et les autres pensent qu’ils ont trouvé le roi qui les libèrera de l’occupant étranger. Jésus se rend compte de ce piège et il fait tout pour que ses disciples n’entrent pas dans ce jeu. C’est pour cela qu’il les renvoie de toute urgence vers l’autre rive. À travers cet événement, il veut nous faire comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Il ne correspond pas à l’idée que nous nous en faisons. Pour y entrer, il nous faut quitter notre petit confort, nos certitudes, nos habitudes. Le Christ nous donne rendez-vous sur « l’autre rive », celle de l’inconnu.
Après avoir renvoyé les foules, Jésus se retire seul sur la montagne pour prier. Il nous apprend que c’est là, dans la prière, que nous pourrons nous ajuster à Dieu et à son vrai projet d’amour. Comme Élie, comme Paul et comme les apôtres, nous risquons de nous faire des fausses idées sur le vrai Dieu. Mais si nous prenons le temps de le rencontrer dans la prière, nous comprenons mieux ce qu’il attend de nous. C’est dans le cœur à cœur avec lui que notre foi se purifie.
Pendant que Jésus est en prière sur la montagne, les disciples traversent la mer. Et voilà que survient la tempête. La barque est battue par les vagues. « Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. » Les disciples sont affolés. Ils pensent que c’est un « fantôme ». Notre vie actuelle ressemble à cette traversée de la mer. Nous sommes engagés vers « l’autre rive », celle où Jésus nous donne rendez-vous. Cette barque dont parle l’Évangile, c’est celle de Pierre, c’est l’Église de Jésus Christ. Tout au long des siècles, elle en a connu des tempêtes, des violences, des persécutions.
La mer déchaînée symbolise la mort. Elle représente le lieu des puissances du mal. Jésus qui marche sur la mer vient nous faire comprendre que le mal n’a pas de prise sur lui. Il nous révèle le vrai Dieu qui est vainqueur de la mort et du péché. Quand tout va mal, nous risquons de croire que Dieu nous a abandonnés. Mais il est là, bien présent ; et nous dit « Viens ». Il voit nos doutes, nos peurs quand nous sommes affrontés à la tempête. Mais il est là pour nous rassurer et nous apprendre l’espérance.
Si nous accueillons le Christ dans la barque de nos vies, nous savons que nous pourrons compter sur lui. Nous serons unis dans la foi en lui. Il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos doutes. Il ne cesse de nous tendre la main. L’Église est cette barque qui doit affronter les tempêtes. Ce qui la sauve ce n’est pas les qualités ni le courage de ses membres mais la foi qui lui permet d’avancer dans l’obscurité. La foi nous donne l’assurance de la présence de Jésus à nos côtés.
Et surtout, n’oublions pas : chaque dimanche, Jésus nous invite à l’Eucharistie. Il nous propose son Corps et son sang pour nous rendre forts dans les épreuves. Avec lui, nous pourrons continuer notre route avec plus de courage. Et à la fin de la messe, nous serons envoyés pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous pourrons faire cette belle profession de foi : « VRAIMENT, TU ES LE FILS DE Dieu ».
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« Jésus gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. » (Mt 14:23). Respectant le désir du Maître d’être seul, ses disciples regagnent le large. Soudain, un vent violent survient ! Imprévisible… « La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. » (Mt 14:24).
‘La barque battue par les vagues…’ L’image des moments forts de la vie de tout un chacun ! Une barque naviguant sur les eaux du monde… Tantôt par temps calme et sous un soleil radieux, tantôt en plein tourment et battue par les épreuves qui nous dépassent ‘car le vent était contraire’ ! Oh oui, la vie n’est jamais un long fleuve tranquille. Combien de fois, nous avons vu notre horizon s’assombrir ? Combien de tempêtes avons-nous dû affronter ? Des échecs et des coups durs imprévisibles jalonnent le parcours de chacun ! Une maladie sans espoir de guérison. La perte d’un être cher. Un fâcheux incident qui nous met dans une voie sans issue… Et aussi des doutes sur notre chemin de foi ! Des hauts et des bas au rythme des événements sur lesquels nous n’avons aucune emprise. Nous passons par des eaux profondes dans bien des moments de notre vie. C’est le lot commun de tous, sans exception. Et parfois, dans ces instants aussi cruciaux, Dieu semble désespérément absent !
Face aux contretemps, chacun réagit selon son tempérament et son mode de vie, selon son ressenti et son état d’âme du moment. Très différents les uns des autres… Il y en a qui pratiquent la politique de l’autruche, évitant soigneusement d’assumer les difficultés qui se présentent. D’autres jouent ‘à la cigale’, vivant au jour le jour sans rien prévoir. Mais rares sont ceux qui pensent à remettre ses soucis entre les mains de Dieu en se confiant à Lui.
Dans les épisodes éprouvants de notre vie, Jésus nous invite à aborder nos tribulations avec sérénité. Il nous encourage à affronter vents et marées avec confiance, car à côté de nous, c’est Lui-même qui nous soutiendra. Tout comme aux apôtres en pleine tempête, Jésus ne cesse de nous dire aujourd’hui encore : « Confiance ! C’est moi. N’ayez plus peur ! » (Mt 14:27). Dans nos moments de doute et de désespoir, n’hésitons pas à crier secours comme Pierre, quand la frayeur le saisit : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14:30). Dieu se révélera à nous de mille manières : à travers des événements ou des personnes qui nous aideront à surmonter l’épreuve. Mais aussi, parfois, il nous accorde tout simplement la sérénité dans l’âme pour supporter l’adversité. Invitons-Le dans la barque de notre vie. Sa présence nous redonnera force et courage ! Avec Lui à bord, les vents se calmeront…
Faut-il en conclure alors qu’il n’y a qu’à laisser Dieu agir à notre place ? Est-ce une invitation à la passivité et à rester là sans rien faire ? Certainement pas ! Le message de l’Évangile nous met tout d’abord en garde contre une attitude trop humaine à se faire du souci, à douter de nous-mêmes et à nous décourager. Jésus nous engage à ‘se jeter à l’eau’ pour affronter nous-mêmes nos difficultés. Car, de temps à autre, en regardant de plus près, tant de nos tracas ne sont pas justifiés. Les soucis excessifs traduisent peut-être une attitude de manque de confiance en soi. Dieu nous a confié des capacités de discernement et une volonté d’agir, Il attend que nous nous en servions. Dans la situation particulière Pierre, c’est l’enthousiasme qui le propulse vers Jésus, mais l’angoisse le rattrape tout d’un coup. Une fois au milieu des vagues, il est saisi par le doute. Jésus l’a gentiment repris : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14:31). Cette remarque adressée à son disciple n’est pas un reproche, mais Jésus a voulu lui rappeler que sa foi en Lui n’est pas encore assez solide. Il sait pertinemment que Pierre va Le renier trois fois dans les moments cruciaux !
Cet épisode de l’Évangile nous donne également une belle leçon de solidarité. La main tendue de Jésus à Pierre nous rappelle que nous avons tous besoin les uns des autres pour avancer dans la vie. Il appartient à nous d’aller au-devant des autres pour les aider à se relever et leur rappeler qu’il y a toujours une main secourable prête à les épauler. Apportons notre soutien à ceux qui en ont besoin. N’oublions pas que, sur le chemin de la vie, c’est tellement précieux d’avoir quelqu’un avec qui partager les émotions et les soucis… Main dans la main ! L’entraide est une source d’énergie vitale indispensable au bonheur de tous.
Au cœur des agitations de la vie, Jésus nous exhorte : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13:34). Cette solidarité nous encourage tous à poursuivre ensemble notre chemin vers Dieu !
Nguyễn Thế Cường Jacques