21ème dimanche du Temps ordinaire (A)

15 août 2026

« Dieu l’a suscité »

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
En lisant l’Évangile de ce dimanche, nous avons pu constater que les gens se trompent beaucoup sur l’identité de Jésus : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Face à toutes ces réponses, Jésus veut s’assurer que ses disciples le connaissent vraiment. Inspiré par Dieu, Pierre a compris qui est Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

En réponse à cette belle profession de foi, Pierre se voir confier une mission : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Remarquons bien qu’il dit « mon Église ». Quelquefois, nous entendons des gens qui disent : « j’ai mal à mon Église » ; non, ce n’est pas « notre Église » mais celle de Jésus Christ. Et il affirme même que la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. C’est donc un appel pour nous à vivre dans l’espérance. Le Christ vainqueur de la mort et du péché est toujours présent et agissant dans son Église.

Le même Seigneur fait aussi appel à notre foi : la question nous est posée à tous : qui est Jésus pour nous ? Est-il vraiment au centre de tout ce qui est important pour nous ? Est-il notre chemin, notre vérité et notre vie ? Quand on l’a rencontré, on prend conscience de son amour sans mesure et on a envie de le faire connaître. La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée à tous. Pour beaucoup, c’est un changement radical dans leur vie. Autrefois, ils étaient très loin de la foi. Puis ils ont découvert un amour qui dépasse tout ce qu’ils pouvaient imaginer.

C’est aussi cet amour du Seigneur que nous sommes invités à accueillir dans notre vie pour pouvoir mieux le rayonner autour de nous. Le Seigneur nous engage pour participer à la construction de son Église. Quand on visite un chantier, on ne juge pas sur le désordre qu’on y trouve. Notre regard doit se porter vers l’avenir. Les divisions, les violences et les scandales n’auront pas le dernier mot contre l’Église de Jésus Christ. C’est dans cette espérance que nous nous engageons comme Pierre et ses compagnons à la suite de notre Sauveur.

Cet appel du Seigneur, nous le trouvons déjà dans la 1ère lecture. Le livre du prophète Isaïe nous parle d’Éliakim qui est appelé par Dieu pour prendre soin de son peuple. Il reçoit l’investiture pour remplacer un serviteur royal devenu trop ambitieux. Nous ne savons rien d’Éliakim. Son nom signifie » Dieu l’a suscité ». Il fait désormais partie de ceux que Dieu a choisis pour conduire son peuple. C’est Dieu qui choisit et qui appelle.

L’apôtre Paul a lui aussi été suscité par Dieu. Au départ, c’était un pharisien qui persécutait les chrétiens ; en agissant ainsi, il croyait sauver l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Cette rencontre a été pour lui le point de départ d’un véritable bouleversement. Le persécuteur acharné a été appelé à devenir un grand témoin de la foi dans le monde païen. Dans le texte d’aujourd’hui, nous le voyons proclamer avec enthousiasme les merveilles de Dieu tout au long des siècles. Tous les hommes, juifs et païens sont appelés “fils de Dieu”. Si Dieu a suscité le peuple d’Israël, c’est pour partager avec l’humanité entière ce bonheur d’être aimé par Dieu.

Nous aussi, nous sommes suscités par le Seigneur pour travailler à son chantier. Il compte sur nous pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Il nous envoie vers les autres, vers tous ceux qui souffrent à cause du chômage, de l’exclusion, la violence, tous ceux pour qui la vie n’a plus aucun sens parce qu’ils se sentent inutiles. C’est dans ce monde-là que nous avons à témoigner de la foi qui nous anime. Mais au bout du compte, nous découvrons qu’il nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route. Nous ne devons pas bâtir sans lui. Nous ne sommes pas à notre compte. Le Seigneur est présent avec nous, tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Si nous croyons vraiment en lui, nous ne nous laisserons pas aller au découragement. Nous croirons à l’avenir de son Église et à l’avenir de l’homme aimé de Dieu.

C’est pour mieux répondre à cet appel du Seigneur que nous nous réunissons le dimanche pour célébrer l’Eucharistie. C’est là que nous nous nourrissons de la Parole et du Corps du Christ. Puis, à la fin de la messe, c’est l’envoi vers tous ceux et celles qu’il mettra sur notre route. Prions-le par l’intercession de la Vierge Marie pour qu’il nous aide à être de vrais témoins de son amour.

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Un commentaire

  1. « Jésus demandait à ses disciples : ‘Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ?’ Ils répondirent : ‘Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes.’ Jésus leur demanda : ‘Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?’ » (Mt 16:13-15).

    Un petit sondage d'opinion à un moment où le lien entre Jésus et ses disciples devient de plus en plus étroit et profond. Car, au fil des jours, les apôtres ne cessent de témoigner d’une fidélité sans faille à l'enseignement du Maître.

    « Pour vous, qui suis-je ?’ » La question est posée non seulement aux apôtres mais aussi à nous tous encore aujourd’hui. Une question redoutable qui entend établir une relation personnelle avec son interlocuteur et l’invite à un dialogue franc et ouvert dans une ambiance d'intimité. Une question fondamentale à laquelle tout chrétien est sans cesse invité à répondre. Jésus nous la pose, à chacun, personnellement ! Et Il n'attend pas de nous une réponse provenant d’un livre de catéchisme ou d’une expression souvent entendue au cours des célébrations liturgiques. Jésus veut savoir ce que Lui, Il représente réellement pour nous !

    Oh oui ! « Qui est Jésus pour moi, au juste ? » Une question que l'on ne se pose même pas, tant elle est inattendue et surprenante pour un chrétien convaincu ! Au premier abord, la réponse nous semble simple et limpide. Il suffit de proclamer comme Simon-Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16:16). Mais est-ce que je comprends vraiment ce que cela veut dire ? Ne devrais-je pas plutôt me demander : ‘Comment est ma foi en Jésus ? Quelle lumière jette-t-Il sur mon chemin ? Qu’est-ce que je retiens de son enseignement ?’ Autant de questions déterminantes qui me poussent dans mes derniers retranchements !

    « Qui est Jésus ? » Cette question reste toujours d'actualité ! Elle nous jette sur les chemins de la découverte de Celui qui est la lumière de notre vie. Cette quête spirituelle peut se manifester tout d’un coup le jour où, pour des raisons particulières, nous sommes acculés à nous interroger sur le sens ultime de notre foi. Car, dans la vie chrétienne, nombreuses sont les interpellations qui nous plongent dans le doute : sur les notions fondamentales de la foi, sur les scandales qui ébranlent la structure dans laquelle nous mettons notre confiance ! Des instants critiques où nous éprouvons un réel malaise à vivre l'Évangile. Alors là, d’immenses questions remontent en surface : ‘Quelle place occupe Jésus dans ma vie ? Quelle est ma rencontre personnelle avec Lui ?’ Car la foi est une adhésion sincère à sa Personne !

    À l'heure où les informations prolifèrent, on peut se demander s’il y a beaucoup de chrétiens qui manifestent un désir de mieux connaître Jésus. Et aussi l’envie d’explorer plus en profondeur l'Évangile afin de pouvoir appliquer ses valeurs fondamentales dans la réalité de la vie. Découvrir Jésus pour établir une relation personnelle avec Lui. C’est une étape clé dans la vie d’un chrétien. Qu’en est-il de notre part ? Si quelqu’un cherche à se faire une idée précise sur la foi, sommes-nous capables de lui parler de Jésus sans l’enfermer dans des tournures nébuleuses ? Serons-nous en mesure de lui exposer avec clarté la Parole de Dieu dans un langage simple et facile à comprendre ? Sommes-nous assez persuasifs pour présenter Jésus à celui qui est convaincu que Dieu n’est pas la réponse ultime à l’aspiration de l’homme. Car ce qui compte le plus pour lui, c’est l’argent et le bien-être personnel !

    La foi émane du cœur. C’est une conviction profonde qui nous habite. Elle ne se réduit pas à un ensemble de dogmes et des interdits et ne se cantonne pas non plus à une pratique religieuse coutumière. La foi est un don à accueillir mais sa maturation est un long chemin à parcourir. Il ne s’agit pas d’un simple bagage intellectuel mais de la perception profonde sur Celui en qui nous mettons toute notre confiance : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jn 14:6). « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8:12) nous dit Jésus. Une solide culture religieuse éclaire notre chemin vers Dieu. L’Évangile est notre feuille de route !

    Une foi bien éclairée nous évite de tomber dans le piège d’une pratique religieuse routinière. Cela demande de notre part un profond travail de recherche et de réflexion. Cette quête de Vérité est à faire jour après jour dans l’effort et la persévérance ! Le Saint-Esprit nous guidera. Jésus nous l’avait promis : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, que vous n’êtes pas en état maintenant de porter. Quand il sera venu, Lui, l’Esprit de la vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. » (Jn 15:12-13).

    Nguyễn Thế Cường Jacques

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